Genoux

Avec déception, nous avons appris cette semaine que Daniel Léveillé annule la présentation de ses Solitudes Solo au FTA. Déjà, en mars, une danseuse de la production avait dû être remplacée après avoir subi une blessure importante au genou dans une autre production.Récemment, deux autres danseurs ont vécu l’abdication de la même articulation. Et selon les rumeurs, une des blessures est particulièrement grave. Catherine Lalonde rapportait dans le Devoir ce matin que Léveillé aime « mettre ses danseurs dans des positions physiques impossibles » et à la lumière des événements, la citation fait tiquer, même si les danseurs ne se sont pas blessés dans le cadre de Solitudes Solo. La gestion du corps revient en définitive au danseur pigiste, mais on ne peut ignorer les exigences de certaines chorégraphies.

Je n’épiloguerai pas là-dessus, vous savez sans doute que parler des blessures des danseurs est un peu tabou (D’ailleurs confirmé par le commentaire du médecin Roger Hobden à la suite de ce billet). L’invincibilité apparente du danseur doit absolument être préservée, car personne n’offre du travail à un interprète qui risque de flancher avant le show. C’est une pression énorme qui le place dans une position insoutenable : Vaut-il mieux protéger son intégrité physique ou celle de la production? Sans compter que pour le danseur, une blessure représente littéralement la fin du monde. Le paiement du loyer, l’épicerie, tout ce qui est à payer dépend de la santé des muscles et articulations. Quelques filets de sécurité existent, mais la réputation est entachée, la vulnérabilité a été constatée.

Interviewée par Catherine Lalonde, la directrice du FTA Marie-Hélène Falcon fait preuve d’une belle lucidité: « Les danseurs sont surchargés. Je les vois obligés de faire trop de choses à la fois, de voyager beaucoup pour les tournées, de passer d’un spectacle et d’une répétition à l’autre, et les compagnies n’ont souvent pas les moyens d’avoir de doublures. C’est une vie épuisante. » Ironie: c’est souvent au moment du FTA que les danseurs sont les plus sollicités, épuisés, dansant jusqu’à 4 productions dans la même semaine, chaque compagnie tentant de profiter du fait que le public est abondant et que des producteurs sont en ville…

Nathalie Blanchet, danseuse, enseignante et représentante de la danse au conseil d’administration de l’Union des artistes commentait la nouvelle sur Facebook cette semaine : « La réalité de la discipline nous happe de plein fouet encore une fois. Toute une production annulée : je m’inquiète pour le poids que cela crée chez le danseur (en plus d’être blessé!) Une doublure sur chaque production serait un investissement intelligent et peu coûteux. »

Je souhaite de tout cœur que les danseurs blessés se remettent rapidement et qu’on ait le plaisir de voir la nouvelle œuvre de Léveillé le plus tôt possible. En attendant, prenez tous soin de vous dans cette période de folie!

Misère… On a remarqué l’absence

  • Des noms des artistes en scène sur les petits cartons publicitaires du FTA
  • Des noms des artistes qui apparaissent sur les photos des affiches annonçant les prochains ateliers de formation chez Circuit-Est centre chorégraphique: mais vérification faite, il n’y a pas eu d’oubli de la part de Circuit-Est, seulement l’impression ne permet pas de bien voir les crédits. Ils apparaissent clairement sur la version électronique.

29 réflexions sur “Genoux

  1. Roger Hobden dit :

    Je suis préoccupé de fait que le nom des danseurs blessés apparaisse dans les médias écrits ou électroniques, ainsi que la région du corps atteinte: est-ce que les danseurs ont donné leur accord pour que ces informations soient diffusés ?

  2. Jamie Wright dit :

    A couple of things:

    -The photo accompanying this blog entry doesn’t have the dancer credits, nor the photographer’s. Prix citron, Catherine Viau.

    -I agree with Dr. Hobden about divulging publicly information about an injury. Once healed, does that dancer have an obligation to reveal any and all past injuries to employers? If it has been announced publicly, it can become a prejudice against them in the future.

    -The pressure that dancers live under is not to be taken lightly at all, but I find it honest and reassuring that Daniel Léveillé Danse has cancelled the show instead of throwing a dancer into the role last minute, forcing them to work long hours in order to fulfill a contract with a producer at all costs. We see this happen all the time, and it further perpetuates the high pressure situation that we dancers are confronted with. I agree with Nathalie that a double/understudy on every production should be the norm, but some situations simply call for a cancellation of the show.

    • À propos du prix citron que tu m’as donné: si tu places ton curseur sur la photo, tu verras apparaître comme toujours le nom des danseurs et du photographe.

      À propos de la divulgation de la blessure: Pourquoi ne se pose-t-on pas plutôt la question de savoir si c’est normal qu’un danseur doive tout faire pour cacher la blessure? De toute façon, tout le monde fini par connaître assez exactement les circonstances de chaque blessure grave. Pourquoi ne pas informer le public, les conseils des arts? Pourquoi ne pas rendre les gens plus sensible à la situation désastreuse du travail répétitif et abusif (type de travail oblige)?

      À quoi, à qui sert l’omerta? Pas au danseur, j’en suis certaine. Bien sûr, je suis d’accord avec le principe du respect à la vie privée. Personnellement, c’est pour ça que je n’ai pas divulgué les noms. Mais la frilosité que je sens après la publication de ce billet montre bien à quel point nous touchons ici une corde sensible.

  3. Nathalie Blanchet dit :

    Je suis plus préoccupée par l’omerta des blessures chez les danseurs. Celles qui arrivent d’un coup, les autres qui se développent et deviennent chroniques, toutes ont un impact direct sur la vie au quotidien du danseur comme l’écrit la blogueuse mais aussi un impact psychologique. Elles sont souvent la raison qui oblige le danseur à arrêter de pratiquer son art, de se retirer en silence sans que personne ne le remarque. Tiens, voilà un bon sujet de chronique ! Enfin, tout ça pour dire que oui je comprends la réserve de Dr.Hobden quant à la confidentialité mais avouons-le, depuis quand les médias s’intéressent-ils aux danseurs ?  »Si peu » s’y intéresse depuis les deux Catherine. Intelligentes, articulées, danseuses, téméraires, talentueuses et grandes gueules.
    Prompt rétablissement aux danseurs, n’hésitez pas à avoir recours à toutes les ressources disponibles, elles sont là pour vous. CSST bien sûr, UDA, CRTD, RQD.

    • Roger Hobden dit :

      Mon point de vue c’est que le danseur doit avoir le complet contrôle de l’information diffusée publiquement: son nom, le site de la blessure, etc. Tout est possible, à la condition que le danseur ait donné son accord.

      Si les danseurs refusent leur autorisation, tout ce que la compagnie et les journalistes peuvent dire, c’est: « la compagnie doit annuler le spectacle car deux danseurs se sont blessés à la dernière minute ».

      • C’est une opinion. Personne n’a vraiment réfléchi en profondeur à ce sujet, sauf peut-être Sylvie Fortin dans son livre Danse et Santé.

    • Mathieu Campeau dit :

      Petite réflexion sur le syndicalisme en danse…

      « L’Union des artistes est le syndicat des danseurs qui exerce de façon efficace un contre-pouvoir. Il ne tient qu’aux danseurs de s’en prévaloir ! »

      Je ne suis pas contre un syndicat en danse quoi que je trouve que dans certains cas, le syndicat peut créer un fosser entre les interprètes et le chorégraphe entourer des gestionaires de la compagnie(faire deux clan). Je crois au syndicalisme en danse surtout afin d’éviter les abus de pouvoirs et permettre l’appuie du syndicat en cas de litige majeur.

       » il existe maintenant PLUSIEURS mesures pour les danseurs qui veulent avoir l’ensemble de leurs contrats sous juridiction pour contribuer à leur filet de sécurité (assurances, REER, vacances). Informez-vous ! http://www.uda.ca. »

      Il est vrai qu’il existe quelques avantages au niveau des assurances mais je trouve qu’elles ne sont pas adaptés au milieu de la danse. Le « filet de sécurité » reste très maigre pour la grande majoritée des danseurs. Pour la plupart de nous, l’argent que nous faisons annuellement ne nous permet pas d’avoir une assurance que je juge minimal.

      Je trouve qu’un syndicat à sa place en danse mais je crois que pour ce faire, il reste encore beaucoup d’amélioration à amener pour que l’UDA remplisse cette mission.

      p.s.: Concernant les blessures en danse, je partage complètement le point de vue de Jamie Wright. Personnellement je n’ai eu aucune objection à ce que mon nom apparaisse dans le Devoir disant que je suis blessé (voir article dans le Devoir de Catherine Lalonde) mais j’aurais aimé être contacté avant la diffusion et je respecte le monde qui décide de ne pas vouloir divulguer leur nom. Je crois que pour certaines personnes, le fait de vouloir rester anonyme reste d’ordre personnelle et n’on rien à voir avec « la peur » de ne pas être réengagé ou les préjudices que cela pourrait leur amener dans leur avenir professionelle.

      • Nathalie Blanchet dit :

        Chiffres et comparaisons qui j’espère vont rétablir la désinformation qui circule sur l’UDA.
        Mais premièrement sur ‘Je trouve qu’un syndicat à sa place en danse mais je crois que pour ce faire, il reste encore beaucoup d’amélioration à amener pour que l’UDA remplisse cette mission.’ (Mathieu Campeau)
        Je suis heureuse de savoir que les membres ont des idées pour améliorer leur Union. Il y avait un congrès la fin de semaine passé, le premier en 21 ans, exprès pour vous entendre et élaborer le plan d’action des prochaines années. C’était vraiment super mais ça manquait gravement de danseurs.

        Ok. Un membre UDA qui a des revenus de 0$-9000$ (+/- 500$) a une assurance de base (vie-mort-mutilation-maladie).

        Un membre qui a des revenus de 9000$ et plus (+/- 500$) a une assurance vie-mort-invalidité-maladie (parentale)-voyage-DENTAIRE-OCCULAIRE- ostéopathie-massothérapie et j’en passe….

        Une telle couverture d’assurance pour un revenu minimum de 9000$ par année c’est quand même enviable quand on compare avec un enseignant ou un travailleur de la fonction public qui paie 152$/mois ou 228$/mois si le mois a 5 semaines, pour pratiquement rien, pas de soins dentaire, de la vue etc…

        Ok tous nos revenus de danseurs ne sont pas UDA parce que toutes les cies de danse ne sont pas encore liées avec une entente.
        Il existe le contrat type pour ces danseurs et nous travaillons à l’auto-déclaration pour notre secteur. Je vous le dis, il existe PLUSIEURS mesures.

        Daniel Léveillé a dit ‘Mes danseurs sont la prunelle de mes yeux.’
        Moi ça me touche et ça confirme que notre travail vaut la peine, quoi qu’on en pense😉

    • JF Déziel dit :

      Après avoir écris et effacé 8 versions de réponses à propos de ma vision et de mon quoditien, 4 ans après l’arrêt forcé par mon dos, voici tout ce que j’arrive encore à exprimer….le silence……c’est un impact ça? Je crois que oui!

  4. Jamie Wright dit :

    Noté, Catherine, pour les crédits photos, mais je crois que mettre les crédits en évidence (comme sous la photo) serait mieux.

    Je ne prône aucunement une obligation de silence chez le danseur quant à une blessure. Mais j’aimerais protéger l’interprète pour qu’il ou elle gère sa blessure comme il ou elle veut. Si le rapport entre chorégraphe et interprète est sain et ouvert, la discussion par rapport à une blessure devrait l’être aussi. C’est la clé.

    Peut-être ce blogue peut servir comme tribune pour des interprètes qui ont le désir de se prononcer sur leurs blessures, leurs douleurs habituels??? Ou des ex-interprètes qui ont quitté la profession à cause de…??? À suivre…

    • Catherine Lalonde a tenté il y a quelques mois d’avoir des témoignages au sujet des blessures des danseurs, personne n’a voulu répondre. Sujet extrêmement difficile à aborder, on le voit, je sens de la résistance dans les commentaires, tout en respectant les opinions qui s’expriment. Je pense comme toi que la discussion doit être (r)ouverte, doit se poursuivre. À suivre comme tu dis.

      • Roger Hobden dit :

        En réponse à  » C’est une opinion. Personne n’a vraiment réfléchi en profondeur à ce sujet (…) ».
        En fait il y a un groupe de gens qui réfléchit en profondeur depuis très longtemps à ces questions, et ce sont les médecins.
        C’est pour ça que le code de déontologie des médecins contient de très nombreux articles qui balisent exactement la diffusion de ce genre d’information.
        Les physiothérapeutes et autres disciplines plus récentes ont maintenant des codes de déontologie qui incluent un grand nombre de ces dispositions.
        Dans tous les cas la règle est claire: on ne peut pas divulguer autre chose que ce qui est autorisé par le patient, à moins d’une dispense expresse permise par l’existence d’une autre loi (lois sur la santé publique, sur la protection des mineurs, sur l’assurance-automobile, etc.).

      • Oui, je me suis peut-être mal exprimée, je suis au courant qu’il existe des balises claires qui encadrent la divulgation d’informations au sujet du patient. Ainsi, personne ne peut divulguer des informations médicales au sujet d’une personne ni en public, ni en privé, si le consentement de la personne concernée n’a pas été obtenu. Par contre, je suis certaine que bien des médecins et des avocats pourraient s’obstiner entre eux à savoir exactement comment s’applique ces diverses règlementations. Par exemple, pourquoi semble-t-il correct de lire « Roy Dubois a été impliqué dans un accident sur le plateau de tournage du film À toute vitesse » mais qu’on sursaute en lisant « La danseuse Blanche Deneuve s’est blessée en répétition hier »? Peut-on en déduire, selon les informations que vous détenez, qu’on divulgue une information confidentielle à propos de l’acteur?

        Et si on nomme la blessure mais pas le danseur, est-ce qu’on brise réellement la confidentialité? C’est pourquoi j’ai dit que personne ne s’était vraiment penché sur la question, j’aurais du ajouter « dans le domaine de la danse et des médias » où me semble-t-il beaucoup de concepts restent encore à clarifier. La culture du silence est forte à cause de situations que vous illustrez dans votre réponse à Jamie Wright et il est donc probable que toute la réflexion n’a pas encore été faite à ce sujet. À preuve, cette discussion entre personnes relativement bien informées!

    • Roger Hobden dit :

      Le problème vient du déséquilibre dans le rapport de forces entre le danseur et le directeur artistique.
      Il n’y pas si longtemps, un danseur a demandé à un directeur artistique de pouvoir arrêter de danser pendant une semaine à cause de plusieurs blessures. Le directeur artistique a répondu qu’il ferait des démarches pour s’assurer que le danseur ne trouverait pas de travail ailleurs si jamais celui-ci osait arrêter une semaine.
      Ce genre d’attitude ne fait pas en sorte que les interprètes se sentent en confiance d’aller sur la place publique … Les premiers pas doivent venir des chorégraphes et des compagnies, ce sont eux qui ont le pouvoir.
      Tant qu’il n’y aura pas un syndicat universel
      des danseurs qui pourrait exercer de façon efficace un contre-pouvoir équivalent, la responsabilité ultime pour solutionner le problème restera entre les mains des compagnies.

      • Nathalie Blanchet dit :

        L’Union des artistes est le syndicat
        des danseurs qui exerce de façon efficace un contre-pouvoir. Il ne tient qu’aux danseurs de s’en prévaloir ! Demandez, exigez des contrats UDA. L’Union a été créée il y a 75 ans ! Elle est là pour vous et il existe maintenant PLUSIEURS mesures pour les danseurs qui veulent avoir l’ensemble de leurs contrats sous juridiction pour contribuer à leur filet de sécurité (assurances, REER, vacances). Informez-vous ! http://www.uda.ca.

  5. Je trouve le commentaire concernant Circuit-Est injuste et injustifié étant donné que ce sont tes réactions pertinentes mais néanmoins souvent virulentes qui nous ont motivés à mentionner le nom des interprètes, de la pièce, du chorégraphe et du photographe systématiquement (en bas de page dans les publicités et les infolettres). Il se peut qu’il y ait eu un oubli (et j’aimerais bien savoir lequel pour rectifier mon erreur) mais ta remarque porte à confusion et ne reflète aucunement la réalité de la politique que nous tâchons de respecter dans l’ensemble de nos communications.

    • Élodie, j’ai bien tenté de trouver un ton neutre et non accusateur pour mentionner l’oubli, car il était mineur. Il était hors de question évidemment de te donner un prix citron ou d’adopter comme tu dis, un ton « virulent », pas plus que je ne vois l’injustice dans le fait de l’avoir remarqué. J’ai un respect très sincère pour Circuit-Est et pour ton travail, toutefois je me suis donnée comme objectif de mentionner tous les oublis, quels qu’ils soient et quelle que soit la personne qui les fait. L’oubli dont je parle se trouve sur les affiches, donc la version papier, qui sont installées sur les murs des studios et qui font la publicité du stage du Carré des Lombes. Pierre-Marc Ouellette et moi y apparaissons. Le nom de Luc Sénécal est mentionné, mais pas les nôtres.

  6. Jamie Wright dit :

    Il y a deux choses qu’on abordent dans cette discussion: la peur de l’interprète de divulguer son état de santé à un employeur, et la divulgation publique de détails concernant son état de santé sans sa permission. Il ne faut pas confondre les deux problématiques, même si les deux méritent notre attention.

  7. George Krump dit :

    La question des «doublures» est certainement une des avenues qui devrait être discutée plus largement. Non seulement la doublure pourrait prévenir les blessures qui surviennent lorsque le danseur va au-delà de sa limite — parce qu’il a l’impression de ne pas avoir le choix — mais en plus elle permettrait de «sauver» certaines productions en cas de retrait d’un danseur. Tout le monde serait gagnant.

    Bien sûr, il y a la question de financer tout ça, mais il doit y avoir préalable un examen de conscience à faire de la part des compagnies, incluant chorégraphes et gestionnaires, sur le type d’environnement de travail que l’on veut offrir, sur les priorités budgétaires, etc. Les états généraux ont montrés que nous étions capables de nous parler et de provoquer des changement, alors il faut continuer dans la même voie.

    • Je suis contente qu’on aborde la question des coûts. Nathalie Blanchet disait que c’était peu coûteux d’avoir une doublure et je suis assez d’accord. J’ai rarement repris une production sans qu’il y ait au moins un danseur à remplacer. Entraîner une doublure en même temps que le cast original, ça coûte un cachet de plus. Remplacer un danseur à la reprise ou à la dernière minute, ça coûte le cachet du remplaçant plus celui de toute la distribution en temps supplémentaire pour intégrer le danseur remplaçant. Car au delà d’apprendre la chorégraphie, il faut le placer dans l’ensemble, il faut qu’il répète avec le groupe pour que l’esprit de l’oeuvre lui soit communiqué. Une doublure ne règlerait pas tous les problèmes, mais ce serait dommage de mettre l’idée de côté en se disant que c’est trop cher.

      • Daniel Léveillé dit :

        On ne peut qu’être d’accord avec le Dr Hobden au fait que l’éthique la plus élémentaire nous oblige à ne pas divulguer l’état de santé d’un danseur.

        Cependant, nous faisons un métier public et l’annulation d’un spectacle dans le cadre d’une saison ou d’un festival d’importance oblige à fournir quelques explications aux médias.

        Je ne suis pas d’accord que l’on taise le nom des danseurs. Ils ont le droit d’exister. Même dans les médias. Ce ne sont pas des bouts de bois. Ce sont souvent de très grands artistes et assez mal reconnus comme tel d’ailleurs. Il va de soi qu’il serait recommandé de demander leur avis avant la divulgation de quoi que ce soit.

        Alors, peut-être faudrait-il utiliser la formule qu’utilise le sport professionnel qui remplie deux fonctions. Expliquer l’absence d’un joueur et ne rien divulguer (ou presque) de son état de santé. On pourrait dire, par exemple, que tel danseur, en le nommant, s’est blessé au haut ou au bas du corps.

        Rien n’est simple.

        En ce qui a trait aux doublures, la formule mérite d’être envisagée, mais ne pourrait être applicable à toutes les situations. Chez Léveillé Danse, et en particulier pour Solitudes solo, chaque interprète est très différent de l’autre et remplacer l’un d’entre eux relève d’un casting très serré. L’enjeu étant de faire ressortir les qualités très particulières de chacun des danseurs. Dans ce cas spécifique, une doublure n’aurait pu que doubler un seul des solo. Il aurait fallu avoir cinq doublures pour que l’exercice en vaille la peine. Encore une fois, un danseur n’est pas seulement un bout de bois que l’on peut remplacer par un autre.

  8. Je m’en doutais, c’est pour cela que j’ai tenu à répondre.

    À la demande de Danièle Desnoyers, qui souhaitait que le nom des interprètes soit lisible beaucoup plus tôt, j’ai pour une fois accepté de mettre les crédits complets en gris, sur la photo même, au lieu de les mentionner en bas de page avec ceux des photographes, comme je le fais habituellement. Il se trouve que la qualité de mon imprimante n’a pas rendu justice à cette belle attention et que les crédits ressortent très mal sur la version papier. J’en suis désolée. Ils sont par contre tout à fait lisibles sur la version numérique qui a été envoyée à près de 800 personnes, heureusement : http://www.circuit-est.qc.ca/local/saison11-12/publicite/le_carre_des_lombes/le_carre_des_lombes11-12v2-fr.html.

    Sans rancune🙂

    • Merci de l’explication. J’avais vu l’affiche il y a quelques semaines et je l’ai scrutée plusieurs fois parce que je doutais très fort que tu aies oublié d’indiquer les crédits, comme je connais ton sens du détail. Désolée du malentendu, je vais faire une correction sur le texte. Évidemment, sans rancune🙂

  9. JuliePilon dit :

    Si j’avais 250$ à mettre par année pour l’UDA, je ferais autre chose dans la vie qu’être danseuse, enseignante et chorégraphe. Je suis trop pauvre. Tellement, que j’ai quitté le RQD depuis 2 ans parce que j’avais besoin de récupérer les 70$ que je payais dans le vide depuis 10 ans.
    Vous parlez de doublures… Seules les grosses cies peuvent s’en permettre, et même encore …
    Je salue J-F Déziel et je silence avec lui (lire compatise). Il s’agit de ne pas pousser ses danseurs à l’extrême ! Soyez raisonnables, chers chorégraphes. Et chers danseurs, ne vivez pas sous la menace des directeurs artistiques (cf. commentaire de Roger Hobden). On vis encore au 19e siècle ou quoi ?

    Parlez-en, de la danse, comme on parle des commotions cérébrales au hockey, ça fera réagir les gens !

    Une grande blessée, traitée par M. Hobden, Et qui vit avec depuis douze ans. Et qui travaille encore en dansant à tous les jours, à son rythme.

    • Julie, petit rectificatif: la cotisation annuelle pour l’UDA est de 125 $ par année, pas 250 $. Bien sûr, si on additionne toutes les cotisations UDA, RQD, CRTD, on peut facilement dépasser 300 $ annuellement et c’est cher pour un danseur surtout qu’elles sont renouvelables l’été, au moment où il y a le moins de travail.

      C’est très triste que tu ne puisses payer ces cotisations et bénéficier des services offerts par ces organismes: le remboursement des classes, les ateliers pour développer de nouveaux outils et les coup de pouce au RQD, la consultation avec un psychologue, un orienteur, un conseiller financier, d’autres ateliers, les bourses de recyclages et un suivi adapté au CRTD, le fond de secours aux artistes, encore d’autres ateliers, des rabais pour les membres sur plusieurs outils médias, de communications, culturels et sportifs, la protection des conditions de travail par l’UDA.

      Je sens ta colère et ta déception, mais je ne suis pas d’accord de dire que ces organismes coûtent trop cher. Au niveau du ratio entre les services que l’on reçoit et les cotisations qu’on paye, on est vraiment chanceux. Mais la question à se poser – celle que je me pose en tout cas! c’est: Dans les conditions actuelles, ai-je toujours envie de danser si les sacrifices demandés sont tels que je suis plutôt entrain de me battre quotidiennement que de vivre ma passion?

      • Julie Pilon dit :

        Catherine,
        Je travaille et j’habite en région (Joliette) depuis 5 ans. J’ai fait partie du RQD pendant 10 ans, jusqu’à ce que je me rende compte, qu’ici cela ne me servait absolument à rien. Les événements que je tentais d’organiser n’étaient pas parrainés ou annoncés (cf. Journée de la danse) et les spectacles que j’ai fait n’ont pas eu d’échos. Quand au programme de remboursement des classes, je trouve déplorable qu’il soit destinés aux interprètes actifs, tandis que les chorégraphes et les enseignants, qui se blessent aussi abondamment en période de création, n’ont droit à rien.L’UDA, j’y pense deuis longtemps, mais j’ai pas les moyens, avec 9000 $ par année. En passant, bravo pour ton blogue, il était temps qu’une d’entre nous se lève et nous brasse la cage !!! En passant, j’adore mjon métier et pour rien au monde je ne le changerais, et j’espère un jour pouvoir travailler dans de meilleures conditions et à un uste salaire

      • « j’espère un jour pouvoir travailler dans de meilleures conditions et à un juste salaire »: c’est exactement le mandat du RQD.

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