No more (with french comments)

Inspirée par les discussions enflammées et parfois très imbibées des derniers jours avec des collègues et amis, je vous lance mes (nos?) souhaits acidulés pour la prochaine saison. Lâchez-vous lousse si vous voulez en rajouter!

No more neurotic dancers. Voeux pieux.
No more obsessive choreographers. À moins que l’obession soit vraiment bonne.
No more bad acting from dancers.
No more old dancers. (over 36)
No more young dancers. (under 33)
No more discussion about aging in dance. (sauf si c’est Michel F qui se prononce, on est fans)
(No)More nudity. Ça fait vendre alors c’est selon votre bilan annuel.
No more “it’s all about technique”.

No more talking to the audience, integrating audience, dancing in public spaces.
No more conceptual-multidisciplinary shit, like abstracts videos, stripped down theaters or white squares on the floor.
On veut de la substance, de la profondeur, du contenu que diable!
No more white floors.
No more hard floors.
No more “I jump, I land on my knees on hard floors and I like it”. That’s just stupid.
No more hoodies.
No more running shoes. No more point shoes.
No more “Mile End outfits” on stage. More elegance.

No more dramaturges. Do they really make better pieces?
No more dancers converting into osteopathy, massage therapy or yoga teacher.
No more announcement about Ladmmi moving. On va finir par vous croire…
No more dead Café-de-l’Agora. Achetons un bar, transformons-le en quartier général et appelons-le Elgrably-Lévy.
No more Qi Gong, yoga, Lulu Lemon, Gyrotonic or babies. (sauf si c’est vraiment votre truc, pour les autres, be creative for god sake)
No more One-Star hotel in Paris suburbs. Surtout en occupation double.
No more shows in Baie-Comeau, Sept-Îles, Winnipeg or Chicoutimi in FEBRUARY.
No more UDA is going to kill dance. On est toujours là depuis 1997, non?
No more “Dancers are not involved”. They are. Just not here.

No more bipolar councils qui disent que la vente n’est pas nécessaire mais qu’il faut devenir compétitif.
No more training every day, hoping to get a job.
No more humiliating audition process.
No more administrators. Une hypothèse: peut-être que la machine est seulement rendue trop grosse?

No more “Are you attending my show?” on Facebook. YES I WILL.
No more “everybody loves everybody” in RQD meetings. On peut travailler ensemble à un objectif commun, ça n’empêche pas un certain réalisme.
No more 45 minutes talk back. 15 minutes c’est assez, après tout le monde cherche à s’enfuir sauf 2 ou 3 irréductibles gaulois. On time, on fait sonner un buzzer, on coupe le micro, mais on trouve un moyen.
No more standing ovation for bad shows. De toute façon, ON NE VOUS VOIT PAS DE LA SCÈNE QUAND ON SALUE.
No more pity for poor little dancers. On ne fait pas si pitié que ça. On pourrait être en Afganistan, hein?
No more complaining about money. Actually no more complaining.

Extrait du film The 25th Hour de Spike Lee.

10 réflexions sur “No more (with french comments)

  1. roger hobden dit :

    Presqu’aussi bon que Speak White, de Michèle Lalonde lol !😀

  2. Stéphanie Brody dit :

    J’aime ta liste Catherine… Petites précisions:

    Ah, non! Les talkbacks sont peut-être effectivement un peu longs, mais les spectateurs sont tellement timides que souvent ça COMMENCE juste à décoller après 15 minutes….

    Et les administrateurs/gestionnaires sont en pénurie dans les arts, alors ceux qui dédident d’y consacrer un temps, faut les encourager, les dorloter, sinon, ils vont (ré)intégrer le privé. Ça va faire comme les journalistes qui fuient vers les communications ;-P

    Bonne journée à tous!

  3. Mélissandre Tremblay-Bourassa dit :

    Pourquoi « plus d’interaction avec le public, de discussions avec le public et d’invasions des espaces publics »? Si on veut former un public capable de comprendre et d’apprécier la danse (et qui prendra l’habitude d’aller voir des shows), il faut bien trouver des façons de faire le pont et de repenser le contexte de présentation traditionnel, non? Je suis peut-être la seule de cet avis… Pour le reste, j’aime aussi!

  4. Robert dit :

    De mon point vue, bien installé sur un siège de spectateur, je serais tenté d’ajouter,

    « No more English during a show », surtout de la part des créateurs d’ici. Pourquoi un ou une chorégraphe francophone d’ici utilise des textes anglais devant un auditoire majoritairement francophone, ici à Montréal. Sans parler de ce billet.

    De plus pourquoi ? « No more talking to the audience », est-ce si pénible ? Pour ma part, toujours de mon siège de spectateur, j’aime bien cela et, surtout, je trouve cela très utile pour m’y retrouver et continuer à sortir mes billets verts. Voilà un moment de générosité bien investi, selon moi.

  5. Frédérick Gravel dit :

    Je ne commenterai pas trop la liste, sauf de dire que lorsqu’il y a de la substance et du sens, il peut bien y avoir de la nudité, des running shoes, des pointes, des kits du Mile End, des hoodies…
    Même un plancher blanc passe et rendu là, un danseur qui pète les plombs sur scène (ça manque à la liste ça).
    Sinon, bon point pour les ovations debout. Quand on aime vraiment un truc, ce serait bien d’applaudir longtemps et posément, chaleureusement, écrire un courriel aux artistes qui ont fait le show, écrire un commentaire sur un blogue, faire une donation, porter un T-shirt avec les noms des artistes qui nous font vibrer, démarrer un fan club, imiter les danseurs du show devant ses amis en commentant avec enthousiasme…. C’est encore mieux, c’est un signe qu’on y a pensé, et qu’on est certain qu’on apprécie.
    Mon souhait, que les gens se parlent. Pas comme un syndicat ou un patronat avec leurs griefs respectifs. Aller prendre une grosse bière avec les gens avec qui on travaille, voir que tout le monde travaille fort et a des problèmes à gérer sa vie avec l’art qui prend tant de place. Ensuite parler d’autre chose, et inviter des gens qui ne dansent pas à boire de la bière avec nous, pour rester branché sur autre chose et un autre vocabulaire, et ainsi éviter de souvent débarquer comme des extra-terrestres convaincus de la grande importance de notre mission obscure et inexplicable.
    Ça se peut ça?

  6. Geneviève Gauvreau dit :

    C’mon Catherine les bébés méritaient une ligne juste pour eux!
    No more babies.
    Ah ça fait du bien!😉

  7. Corinne Crane-Desmarais dit :

    Je suis d’accord avec bon nombre de ces énoncés parce que je comprends d’où provient cette rage.  »Je n’en peux plus de…  » Par contre, je me demande si le fait d’envoyer ces commentaires plutôt tranchés dans l’univers virtuel de la danse est bénéfique sur tous les points, surtout pour l’esprit créateur…
    Au lieu de dire  » non  » à tout ça, ne pourrions-nous pas dire : »oui, mais seulement si c’est réfléchi et senti! »
    Les modes peuvent être des pièges évidemment, tout comme elles peuvent propulser la recherche de créateurs stimulés par ce qui les entourent…non?

    • Mmm… Rage, je ne pense pas que c’est le ton de ce texte. Je dirais plutôt une légère impatience avec une grosse pincée d’humour et un peu d’auto-dérision! Quand à dire non / No more (bien catégoriquement), ça fait vraiment du bien dans ce milieu de la danse qui embrasse avec une constance inébranlable le positif, au risque de manquer régulièrement de sens critique et de réalisme.
      Et puis oui, je suis d’accord avec toi, les modes peuvent stimuler la recherche. Seulement faut-il être conscient qu’on suit le courant…!

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