Parole de spectateur (1)

Nom de l’artiste: Julie Perron.

Source du vidéo: Kalibre Québec

Nom de la spectatrice: Élise Desaulniers.

Auteure du blogue Penser avant d’ouvrir la bouche. Passionnée de questions éthiques et artistiques. Abonnée au théâtre LaChapelle. Responsable Pricing chez KLM/Air France.

J’ai passé les premières minutes de La pornographie des âmes à angoisser sur ce devoir. Comment allais-je pouvoir, critiquer un danseur. Comment j’allais en choisir un, un seul ? Mon regard se porte d’abord sur les visages que je reconnais. Puis sur des tatouages, des coupes de cheveux, des morceaux de vêtements. Et lentement, sur des façon un peu plus personnelles d’aborder le mouvement. J’ai comme ça l’attention qui butine d’un danseur à l’autre jusqu’au duo sur Coldplay dans lequel une grand blonde joue l’amoureuse rejetée. Cette grande blonde, je l’apprendrai à la fin du spectacle, c’est Julie Perron.

Il y a un mélange d’assurance et de fragilité qui transcende chaque geste de Julie. Derrière son mouvement franc on devine toutes une ambiguité des émotions. L’apparence de simplicité du geste camoufle à peine toute la douleur du monde. Mais en regardant de plus près, on voit que Julie joue. Julie s’amuse à nous entraîner dans son gouffre émotif sans elle-même jamais n’y poser pied. Et c’est toute la force de cette grande interprète que je ne peux m’empêcher de comparer à Dave St-Pierre en version fille (et pas seulement à cause de la crinière blonde !). Dave n’hésite pas à puiser au plus profond de lui-même pour nous pousser dans nos propres zones d’inconfort et on l’imagine, le sourire en coin, nous observer pendant qu’on essaie de remonter à la surface. C’est exactement l’effet que me fait Julie Perron sur scène. Elle fait non seulement preuve d’une admirable maîtrise de son corps, elle est aussi une étonnante manipulatrice qui nous déshabille avec elle sur scène. Et c’est un peu ça, l’essence de la Pornographie des âmes. Un lieu où, qu’on le veuille ou non, le public en vient à ne faire plus qu’un avec le danseur.

Un peu plus?

Un texte signé Dave St-Pierre lui-même, sur Julie Perron.

2 réflexions sur “Parole de spectateur (1)

  1. Robert St-Amour dit :

    Merci beaucoup.

    « Ça j’aime ça »

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