C’est la faute aux médias

Fabienne Cabado a écrit dans le journal Voir un super texte sur l’année 2010 en danse. Cela me semble toujours un tour de force de la part des journalistes, de pouvoir rassembler en si peu de mots la force et la portée de l’année qui s’achève. Fabienne parle de Fortier, Émard, St-Pierre, Béland, Lombardo, Desnoyers, Lock, Chouinard. Elle souligne le passage de Marc Boivin à la présidence du RQD, la naissance du blogue Le danseur ne pèse pas lourd dans la balance et la contribution au paysage chorégraphique des danseurs Freya Olafson, Jacques-Poulin Denis et Frédéric Marier.

Une chose essentielle m’a frappé dans ce texte. Aucune performance de danseur n’a été mentionnée. La plupart du temps, on fait état des danseurs quand ils font quelque chose d’observable hors scène : ils écrivent, ils nous représentent, ils chorégraphient eux aussi. L’acte pur de danser ne semble pas être suffisant pour qu’on en fasse un rappel. À chaud et après l’avoir félicité, j’ai fait un commentaire à Fabienne sur Facebook : « L’an prochain, que dirais-tu de consacrer un petit paragraphe sur la performance à souligner de deux ou trois danseurs? »

Fabienne m’a répondu qu’elle ne décidait pas des politiques éditoriales et j’ai cru comprendre qu’elle se battait de toutes ses forces pour que la couverture danse soit maintenue au sein du journal Voir. Je me suis sentie ingrate de critiquer une journaliste dédiée à la danse et qui met son intelligence passionnée au profit de notre communauté.

Je ne souhaitais évidemment pas dénigrer le travail de Fabienne. Je voulais plutôt souligner que personne ne s’indigne jamais du fait que pas un mot ne soit consacré aux danseurs qui dansent, alors que 4 paragraphes sont accordés aux chorégraphes.

Les danseurs se sentent à l’écart du système médiatique. Ont-ils torts? Je ne crois pas. Mais après mon échange avec Fabienne, j’ai compris que nous avons une forte tendance à tenir les journalistes responsables de cette situation, ce qui les fait régulièrement bondir.

Personne en particulier ne peut être blâmé du fait que le danseur reste dans l’ombre. C’est une responsabilité collective qui incombe autant aux danseurs, qu’aux chorégraphes, diffuseurs, journalistes, professeurs, écoles de formation et travailleurs culturels. Les journalistes ne peuvent que refléter ce que nous mettons de l’avant, c’est-à-dire que le chorégraphe est LE créateur et que c’est SON travail que l’on doit souligner avant tout dans une revue de fin d’année. Si les journalistes bondissent quand on leur demande de faire mieux, ou différemment, c’est qu’ils en ont marre qu’on les accuse d’être responsables de nos manques et de nos inaptitudes.

Certes, il est moins dangereux pour un danseur de mettre le blâme sur le journaliste que sur les chorégraphes, compagnies et diffuseurs, directement responsable de l’évolution de leur carrière. Nous avons besoin de reconnaissance et nous avons envie de l’exprimer, mais en blâmant les journalistes, on ne change rien à la situation. Pour que nos réclamations aient de l’impact, il faut qu’elles soient adressées aux bonnes personnes. Mais ça, c’est un risque à prendre.

Les danseurs s’expriment

Les danseurs Érika Morin, Louis Turcotte, Jean-François Déziel, Jamie Wright, Lucy May et Corinne Crane-Desmarais nous donnent leur point de vue sur le star-système, alors que Mélissandre Tremblay-Bourassa fait un retour sur Springboard, publié en juillet. Leurs commentaires peuvent être consultés à la suite des articles Star Système et Springboard.


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :