Star système

Quand je suis arrivée à l’école d’ostéopathie, j’ai rencontré quelques personnes qui adorent la danse contemporaine. Mais qui n’avaient jamais entendu parler de moi. Vous trouvez que j’ai du culot de m’en étonner? Ah oui, c’est vrai, dans le milieu de la danse contemporaine, on refuse tous l’idée d’un star système. Il ne faudrait surtout pas qu’un danseur avoue qu’il aimerait être connu et reconnu en dehors du milieu. Même en ce moment, je sens une petite gêne à vous avouer mon désir de célébrité toute relative qui me vient de mes rêves de petite fille.

Le star système, c’est pas beau, on n’en veut pas. Mais si on y pense deux secondes, il existe déjà. Seulement, les danseurs en sont exclus. Au sommet du star système de la danse contemporaine québécoise, siège Marie Chouinard et à sa droite, Édouard Lock. Mis à part Annick Bissonnette, Louise Lecavalier et plus récemment Clara Furey, personne du grand public ne connait les danseurs par leurs noms. Entre autre parce toute la publicité s’articule autours des chorégraphes et des œuvres qu’ils créent.

Pourtant, le contact du public avec la danse se fait par les danseurs. Bien sûr, il arrive qu’en lisant la description d’une œuvre, le texte pique la curiosité du spectateur et l’amène dans la salle. Mais personnellement, quand je lis un texte au sujet d’une œuvre de danse, cela ne me dit pas grand chose. Les mots sont bien souvent insuffisants et inadéquats pour parler des oeuvres de danse.  Je vous avoue aussi quelque chose : je ne comprends même pas les textes qui parlent des œuvres que j’ai créées! Ce qui m’attire dans une salle, ce qui me donne l’envie d’aller voir un spectacle, ce sont souvent les photos, les vidéos et… les noms des gens qui seront sur scène.

On peut douter de l’impact des textes de présentation d’une œuvre pour attirer le public. Mais lorsqu’il est enfin dans la salle, le spectateur tombe souvent amoureux des corps magnifiques qui se démènent devant lui, des visages superbes de concentration, de la folie subtile de ces artistes magnétiques qui le font rêver. Les spectateurs se projettent dans le corps des danseurs pour percevoir leur propre liberté.

Quand on va voir de la danse, on n’y va pas pour les idées, on y va pour la chair. Cependant, plutôt que de miser sur les danseurs et leur potentiel d’attraction, on mise sur les mots:

–          Cette chorégraphie dévoile la troublante mécanique d’une orchestration méticuleuse des corps.

–          Le banal et le merveilleux se côtoient, tout comme la vie et la mort qui sont étroitement liés dans l’existence humaine.

–          Le corps est devenu une architecture en soi qui résonne de ses espaces intimes et du mystère de la création.

–          Une exploration presque interactive, axée sur une dimension humaine qui oscille entre le quotidien et le grotesque, entre le banal et l’inattendu.

–          La danse suit la partition musicale dans ce qu’elle suggère, un jeu d’opposition entre la gravité et la légèreté, l’ordre et le chaos, l’urbain et le tribal.

Wow… pouvez-vous faire la différence entre ces discours trouvé sur les sites de compagnies de style et de signatures très différentes? Peut-être serait-il temps de revoir nos stratégies de communication? Les réseaux sociaux et les nouvelles technologies facilement accessibles et peu chères ont déjà permis quelques changements en ce sens. Cependant, on continue à promouvoir l’oeuvre et le chorégraphe, sans réellement inviter le danseur à participer à la mise en marché. Sans penser miser sur lui. Dans un monde qui valorise l’image, l’apparence, la jeunesse, la beauté, ceci est complètement absurde. Le milieu de la danse possède la plus haute concentration de personnes superbes, attirantes et séduisantes. Abdominaux à couper au couteau, jambes longues comme ça, épaules musclées, mollets d’acier, visages découpés, yeux flamboyants: Nous sommes riches mes amis. Qu’attendons-nous pour faire fructifier tout ça?

Prenons l’exemple de la télé, du cinéma, du théâtre. Les spectateurs connaissant beaucoup plus les noms et les visages des acteurs que ceux des metteurs en scène, réalisateurs et auteurs. Leurs salles sont pleines, leur « industrie » fonctionne à plein régime. Leur star système est axé sur ceux qui sont vus et peuvent être reconnus. Et ça marche.

Mais ce que je perçois de la part de notre milieu, c’est qu’on ne veut pas « corrompre » la pureté de notre art en s’abaissant à établir un star système. C’est trop peuple, c’est trop mainstream, c’est trop juteux, odorant, c’est trop chair justement, pas assez idée. Oui à ce système, mais seulement s’il met en valeur les plus intellos d’entre nous, ceux qui réfléchissent, ceux qui créent avec un grand C. (Parce que les danseurs créent aussi, mais avec un petit c…) Seulement ceux là peuvent prendre la parole, s’exprimer, créer des polémiques (si peu), émettre des opinions.

Ok, comprenez-moi bien. Je ne dis pas que les chorégraphes sont d’immondes intellectuels qui méprisent leurs danseurs. Je ne dis pas non plus qu’Écho Vedette, c’est le sommet de la reconnaissance et l’ultime visée. Je ne dis pas que les spécialistes en communication ne savent pas faire leur travail. Je plaide simplement pour qu’on se dise les vraies affaires : collectivement, on fait le choix de mettre de côté 350 danseurs sexys pour faire la promotion de 40 chorégraphes. Si on espère ainsi faire la promotion de la danse contemporaine, vous ne trouvez pas qu’on est un peu à côté de la plaque?

25 réflexions sur “Star système

  1. Ah oui. Ah oui oui oui.

    Le courage d’admettre avoir envie d’être « reconnue », la volée donnée aux textes promotionnels et la phrase « Quand on va voir de la danse, on n’y va pas pour les idées, on y va pour la chair »: mon texte favori.

  2. Pour ce qui est des textes promotionnels creux, n’est-ce pas un artefact des demandes de subventions et des relations de presse, deux domaines qui reposent encore largement sur l’écrit? Ceci dit, c’est pas parce qu’on a ces textes sous la main qu’on doit s’en servir à toutes les sauces.

    • Oui, souvent ces textes viennent des demandes de bourses et sont ensuite réécrits pour devenir des communiqués de presse, qui sont ensuite repris par des journalistes ou utilisés comme base de départ lors des entrevues quand vient le temps de faire la promo du show. Ils se retrouvent aussi sur les sites web des compagnies pour la promotion des oeuvres et de la compagnie.
      Je serais curieuse de savoir ce que Stéphanie Brody, Frédérique Doyon, Catherine Lalonde et Fabienne Cabado en pensent.

  3. Erika Morin dit :

    Juste merci de dire haut et fort se que je pense tout bas par gene et par peur de ressortir de la masse…Du noyau de la danse contemporaine…Soyons fort!Soyons grand!Soyons ce que nous sommes…

  4. J’aurais vraiment envie de faire le jeu d’associer les phrases creuses aux compagnies de danse. Tu nous donnes un choix de réponse ?

    • Ok. Mais c’est défendu d’utiliser un moteur de recherche.
      J’ai trouvé ces phrases sur les sites de:
      – BJM Danse
      – Le Carré des lombes
      – Sinha Danse
      – O Vertigo
      – Van Grimde Corps Secrets

      Bonne chance!

      • Louis Turcotte dit :

        Le star systeme en danse ne fonctionne pas et ne fonctionnera jamais. Ce qui m’interesse de voir c’est les danseurs et leur simple humanite. Le choregraphe n’est qu’un simple maillon dans la chaine de production d’un spectacle. Je crois dans l’intelligence du danseur et sa force de conserver sa dignite humaine. Il y aura toujours des « egos » avec un grand « E » qui veulent s’approprier de tout meme de l’ame de jeune danseur naifs. Je crois avoir compris que l’art de la danse est un partage avant tout et que construire une reelle image de soi, commence par l’echange et les dialogues honnetes avec des gens honnetes. Le star systeme n’est qu’illusion, ephemere, vide, sec, froid. Il n’y a rien d’humain la-dedans. C’est une « Game morte » sans reelle pulsation de la vie. Je vote pour le danseur!

  5. Beaucoup de choses dans ce que tu dis m’interpelle Louis. Mais disons tout d’abord, qu’on a pas besoin d’un star système à la ÉchoVedette ou autres magazines trash américains. Tu dis que le star système ne fonctionne pas. Je ne suis pas d’accord. Fais une recherche avec le mot « Marie Chouinard » ou « Edouard Lock ». Maintenant, fais une recherche avec « Sophie Corriveau » ou « Luc Ouelette » (certains d’entre vous ne l’ont peut-être pas connu, mais Luc a eu une carrière incroyable ici et était selon moi LE plus grand danseur de Montréal entre 1990 et 1996 à peu près)

    Cette recherche te mènera à voir qu’il est très difficile de trouver de l’information sur des danseurs à la carrière extraordinaire, mais très facile sur des chorégraphes à la carrière tout aussi extraordinaire. Le star système existe, Louis. Et il fonctionne. Mais il fonctionne sans les danseurs.

    Si on prend ton inquiétude à propos de la dignité humaine, je ne crois pas que Roy Dupuis, Céline Bonnier, Charlotte Gainsbourg ont perdu la leur parce qu’ils sont la coqueluche des médias. Le milieu de la danse a une réaction épidermique quand on aborde ce sujet, ce qui empêche toute discussion réelle. Si on commençais à se dire que ce n’est pas si « éphémère, vide, froid ou sec », peut-être qu’on pourrait penser à se bâtir un vrai réseau de publicité, non pas pour changer la nature de nos oeuvres ou de nos relations (ce qui n’est pas le but) mais la manière dont nous nous présentons et nous vendons notre art.

    • Louis Turcotte dit :

      La question est que je ne denie pas qu’il est un star systeme, mais je ne crois pas que c’est la chose qui devrait prendre une ampleur dans le milieu de la danse. La danse est un art qu’on pratique en groupe, en communaute, avec un esprit d’equipe. On peut bien(le media) inventer des tetes d’affiches ou des virtuoses, mais la danse, plus specifiquement la danse contemporaine n’incarne pas l’idee du virtuose ou de la star.Je suis evidemment d’accord pour qu’on puisse mettre le danseur de l’avant et d’embellir davantage son image et statut, mais produire des « stars »en danse c’est refermer le milieu de la danse sur soi-meme comme un coccon qui ne veut pas completement s’ouvrir. Il y a une crainte visible ou une phobie du verbal que je n’arrive pas tres bien a saisir parfois. La danse et les mots ne sont pas des choses qui s’opposent ou qui devraient entrer en conflits.Comme tu dis Catherine, le danseur doit vraiment se poser les bonnes questions et defendre directement ses idees et opinions. Merci Catherine pour ton blogue. Je crois que tu reponds a urgent besoin dans la communaute de la danse.

      • Jade Marquis dit :

        À moins que j’aie mal saisis la proposition de l’article de départ, « produire des stars en danse » ne s’adresserait pas au milieu lui-même, mais bien à un public beaucoup plus large. Dans cette optique, j’ai de la difficulté à saisir comment est-ce qu’une entreprise de visibilité de ce genre pourrait réussir à « refermer le milieu de la danse sur [lui]-même » plus qu’il ne l’est déjà, ou dû moins, plus qu’il de se le fait déjà reprocher…

  6. Jean-François Déziel dit :

    Ce que je vais écrire devrait être validé, mais bon…
    Il me semble avoir entendu parlé, il y a 3 ou 4 ans, d’une dame qui ne connaissait pas grand chose à la danse mais qui a vu Jamie Wright danser quelque part. Elle fut tellement touchée par ce que Jamie lui a offert qu’elle noté son nom sur un bout de papier. Suite à cette prise de note, la dame s’est mise à surveiller les publicités de shows. Quand elle tombe sur une pub affichant le nom de Jamie, elle se paye un billet! Même si elle n’a aucune idée qui est le ou la chorégraphe. Génial non?

    Dans un autre ordre d’idée, un très grand merci Catherine pour ton blogue. C’est très important ce que tu fais. J’ai toujours jalousé les gens qui ont cette facilité de parole. Un jour un étudiant, aujourd’hui chorégraphe, m’a demandé pourquoi je dansais. « Pour me fermer la gueule » que j’ai répondu. Bien triste quand j’y repense. Au moins j’ai toujours mon amie fidèle: l’opinion!

    Par contre plusieurs personnes diront que je n’ai pas toujours su la fermer et ils ont raison. Malheureusement quand j’arrive à dire quelque chose, je le dis souvent tout croche. Et ça heurte sans que je le veuille. Alors je me la ferme…

    • Mon très cher ami, merci pour ton commentaire. Pour ce qui est de dire les choses de manière « croche » et de heurter sans le vouloir parce qu’on ne manie pas bien les mots, je t’assure que c’est quelque chose qui se travaille. À 24 ans, je n’avais pas la facilité que j’avais aujourd’hui, mais c’est à force de prendre la parole, de dire des niaiseries, de faire des gaffes, de me mettre le pied dans la bouche comme on dit, que j’ai fini par aiguiser mon verbe et ma pensée.

      Je n’aurais jamais démarré ce blogue il y a 10 ans. J’ai commencé à prendre parole dans les assemblées, les réunion, à écrire des lettres d’opinion aux journaux. Au début, devant une situation qui nous semble injuste ou agaçante, il n’y a qu’un sentiment de colère ou de révolte. Puis, on s’assoit devant l’ordinateur ou on prend le crayon et on arrive à comprendre, en écrivant, d’où vient la colère. Après, prendre la parole est beaucoup plus facile, parce qu’on a bâti en privé, son argumentaire.

      Je vous encourage tous à essayer. L’ego se fait égratigner à l’occasion, mais le discours se raffine et le respect de l’entourage est manifeste la plupart du temps.

  7. Lucie Bazzo dit :

    Je ne suis pas d’accord avec Louis, il y a des stars parmi les danseurs et un des meilleur exemple c’est Louise Lecavalier. C’est une danseuse qui sait faire la part des choses et reste simple et intègre et elle est une star. Vous n’êtes pas obligé de faire la une d’écho vedette pour être une star, et vous pouvez rester vous-même, mais la reconnaissance de la part du public doit surement faire du bien à l’estime de soi!

  8. Jamie Wright dit :

    So many things spinning around in my head on this subject…

    Premièrement, je vais valider ce que Jean-François a dit au début de son commentaire. Dans une réunion d’interprètes, je racontais cette anecdote comme exemple de comment utiliser les interprètes dans la promo des spectacles pouvait être bénéfique. La madame en question est l’ex-voisine de ma belle-mère, qui je n’ai jamais rencontré mais qui suit ma carrière via les médias et publicités. Si on donnait aux interprètes un profile plus publique et médiatisée, on augmenterait les aspects « accrocheurs » d’un spectacle, donnant au publique plus de raisons pour aller le voir.

    Secondly, I agree completely with Catherine about the lack of use and acknowledgement of the sex appeal of the body and the images it generates in dance. It seems as if we are scared that admitting to the use of this appeal will diminish or lessen the validity of one’s artistic vision, that it will align the work with a « lower art » or commercialized version of the form. I believe the two can co-exist, and further compliment each other.

    Troisièmement, je ne suis pas d’accord avec Lucie qu’il y a DES stars en danse contemporaine. Il n’y en a UNE, et on la connait tous. C’est vrai, elle est une artiste intégre et humble, et elle mérite tout ce qu’elle a vécu dans sa carrière, mais son renommé n’est pas basé seulement sur sa magnifique danse.

    Le milieu a besoin de se mettre à jour face aux réalités de qu’est-ce que c’est vraiement vendre un produit culturel. In marketing, they highlight the « selling points » of a product. If highly-trained, athletic, fit bodies full of drive and energy and life aren’t a selling point, then we are missing the boat.

  9. Lucy May dit :

    Ballet companies are good at this — hierarchy and rank are inherent in their structure. « Star dancers » are recognized as such and have been for ages.

    Has the history of contemporary dance as a decendant of modern (and particularily post-modern dance) in all its glorified Democracy [Judson Church et al.] put us as dancers between as rock and a hard place?

    • Very interesting observation, Lucy. Absolument, cela doit jouer et c’est probablement pour cela qu’on est « contre » établir un tel système, c’est qu’il va à l’envers des valeurs qu’on a voulu établir en dissociant la danse moderne de la danse classique. Tu touches au coeur de la question. Je crois aussi que ça rejoint ce que Louis exprimait dans son premier commentaire.

      Établir un star système basé sur les danseurs demanderait de réfléchir à ce que tu apportes. Mais il ne s’agit pas d’une complète révolution (quoi que ça nous semblerait). Il pourrait s’agir de publiciser un show avec la photo d’un danseur et une citation qui vient de lui et qui parle de ce qu’il vit quand il danse la pièce, comme cette pub du NYB que j’ai mise dans l’article. Il s’agirait ensuite de laisser 1 ou 2 danseurs plus loquaces que les autres, s’exprimer librement aux journalistes. Il suffirait que les photos des danseurs soient systématiquement dans les programmes. Que les danseurs mettent leurs bios sur le site du RQD ou montent leur propre site! Il suffirait que sur le nouveau portail de la danse, il y ait des photos de danseurs, avec le nom des danseurs. Il suffirait que le nom des danseurs ne soient jamais oubliés ou omis parce qu’il « n’y a pas assez de place ». Il suffirait qu’un comité qui veille à la promotion de l’image du danseur soit formé parmi des membres du RQD et qu’il intervienne dans les questions où il juge que le danseur est sous-évalué ou laissé pour compte…

  10. Corinne Crane-Desmarais dit :

    Si nous volons mettre de l’avant la vocation d’interprète en danse et par le fait même célébrer la carrière passée et présente de certains des acteurs importants de notre milieu, alors allons-y par le fond plutôt que par la tentation d’un éventuel flattage d’égo. Accordons-leur une entrevue, questionnons-les sur leurs préoccupations face à leur vocation artistique et passons-leur le micro à l’intérieur d’une tribune importante. Les artistes de la relève ont besoin de modèles solides et voyants et non trop humbles; et dans l’ombre, à qui s’identifier et de qui tirer exemple. Je n’accuse ici personne d’adopter une telle attitude par manque de leadership ou de volonté de s’exposer, mais je constate avec regrets, qu’ils n’ont pas énormément d’occasions de faire valoir leur travail à d’autres moments que lorsqu’ils sont sur scène. Je suis fière d’avoir choisi la danse comme travail et je sais qu’une tonne d’autres artistes le sont malgré les défis de taille auxquels ils sont confrontés au jour le jour. Donnons aux interprètes chevronnés et créatifs la notoriété qui leur revient en leur consacrant un article dans le Voir, le Hour, le Devoir ou La Presse lorsqu’ils n’ont pas de show à promouvoir (Défi?!). Multiplions les événements tels que les Traces-Interprètes de Danse-Cité!(Improbable?!)
    Nous parlons de plus en plus fréquemment, et pour le mieux,de solutions pouvant aider au sort de l’artiste en danse. Nous le savons et le répétons que sans interprètes, pas de corps intelligents pour les chorégraphes, pas de processus de création, pas de productions donc, des salles comme Tangente et l’Agora de la danse désertes…Les interprètes sont essentiels à la survie de la danse au Québec. Arrêtons de le souligner et montrons des signes concrets de reconnaissance.
    Tranche de vie:
    Avant de débuter ma formation en interprétation, mon but était d’arriver à un tel niveau de maîtrise, de générosité et de polyvalence comme une Mélanie Demers, Sophie Corriveau, Manon Levac, Jamie Wright, Marie-Claude Rodrigue, pour ne nommer que celles-ci ( parce qu’heureusement, la liste est longue!) J’ai eue l’honneur de partager du temps en studio avec quelques unes d’entres-elle lors de ma formation. Bonheur et révélations! Ce partage des connaissances inestimable, me sert aujourd’hui de guide et c’est aussi le cas pour une multitude d’interprètes et chorégraphes de la relève.
    Reconnaissons cette richesse d’abord entre nous en créant des occasions propices à cela. Par la suite, érigeons un star-système; (trouver un autre terme serait peut-être aussi une bonne chose! Ça sonne Écho-Vedette, on ne s’en sort pas!) construit intelligemment autour de ces personnalités qui sont partie prenante de notre jeune histoire. L’idéal serait également que l’organisation grandisse d’année en année de façon toujours plus surprenante et invitante. La musique et le théâtre n’ont aucune difficulté à le faire, pourquoi serions-nous encore à fuir les micros et les journalistes? Ce n’est pas une question d’égo, mais de fierté. Si le tout est fait avec respect de la valeur de leur contribution au milieu, pertinence, mais surtout pour le bien et la reconnaissance de ceux-ci qui le méritent, où est le problème? De quoi aurions-nous peur? Faudrait-il former un comité pour sélectionner les personnalités à célébrer, les aspirants au titre…? Un bon prétexte pour rassembler quelques têtes pensantes du milieu et jumeler des artistes expérimentés à de plus jeunes pour discuter et débattre de sujets dépassant la question du star-système en danse.
    Voilà, je fabule peut-être. Je me dit qu’en écrivant quelque chose de sincère, on contribué au foisonnement des idées sur ce blog génial.

  11. Jade Marquis dit :

    En 2008, quand JE sers son assiette à Crystal Pite sur une terrasse de la rue Mont-Royal, je lui déclare rapidement mon admiration avec respect avant de la laisser partager son repas en bonne compagnie. En 2009, alors que je sers dorénavant dans le quartier Villeray et que je me vois assigner la table de Margie Gillis, je partage mon excitation presque enfantine d’avoir à approcher la légende avec mes collègues de travail qui, elles, n’ont aucune connaissance ni visuelle ni conceptuelle du personnage. Depuis 2003, quand j’entre dans une salle de spectacle, je reconnais de plus en plus les visages des acteurs de notre milieu. Je commente toujours mes observations de groupie à l’affût avec ma voisine de banc, étalant mon savoir (bon, je n’ai 24 ans…!) concernant leurs récentes prestations, créations, associations et accomplissements. JE suis une fan de danse contemporaine.

    Une fan de danse contemporaine ça ne crie pas à la vue d’une de ses idoles. Ça ne demandera pas d’autographe. Ça s’imagine encore moins prendre une photo entourée du bras de ladite vedette (moment de malaise intelligemment évité selon moins d’ailleurs…). Une fan de danse contemporaine, c’est sage, discret, respectueux. Peut-être parce que la majorité de ces fans font déjà en quelque sorte partie du milieu et espèrent réussir à y prendre une plus grande place à l’avenir?

    Quoi qu’il en soit, cette idée de bâtir un Star System du danseur me plaît au plus haut point. Parce que je crois que donner une telle visibilité aux danseurs serait ni plus ni moins une stratégie marketing intelligente et légitime. Au contraire des gens du milieu qui grâce à un bouche-à-oreille immanquable, ont accès aux informations concernant l’ampleur du travail des danseurs, le grand public n’a rien d’autre que le matériel publicitaire qu’on lui présente. C’est un fait. Trouver à qui la faute (journaliste? diffuseurs? chorégraphes?etc.) ne nous avancera jamais autant que de trouver nous-mêmes, danseurs, une façon de renverser la situation en notre faveur. Un comité chargé de la promotion du danseur au RQD? Merveilleuse idée de la part de Catherine Viau, alimentée, entre autres, par l’inspiration palpable de Corinne Crâne-Desmarais! En fait, cela me semble être une évidence : ce devrait être notre point de départ. Sans aucun doute, nous avons besoin d’un meilleur système de mise en marché. À moins que notre milieu en soit encore à valoriser l’idéologie démocratique de la danse des années 70 (pertinent à cette époque)? Aurions-nous oublié de tourner quelques pages de notre calendrier? Parce que ce n’est pas pour vous faire peur, mais on entre en 2011 dans quelques jours…

  12. Cath Lalonde dit :

    @Corinne: «Donnons aux interprètes chevronnés et créatifs la notoriété qui leur revient en leur consacrant un article dans le Voir, le Hour, le Devoir ou La Presse lorsqu’ils n’ont pas de show à promouvoir»

    Si c’est, pour la reconnaissance des danseurs, une belle idée, elle démontre par contre une grande méconnaissance du fonctionnement des médias. Le Voir, le Hour, Le Devoir, La Presse, Le Journal de Montréal, SRC, TVA, etc. ont pour mandat et mission de faire de l’information. De suivre, donc, l’actualité et la nouvelle. Un spectacle est une nouvelle, un événement, dont on se sert comme poignée pour aborder la création.

    Un changement de direction dans une compagnie est une nouvelle. Un danseur important qui part à la retraite ou qui change de compagnie pourrait être une nouvelle – encore faut-il que quelqu’un le signale aux médias.

    Un danseur, par exemple, qui se ferait renvoyer d’une compagnie importante parce qu’il est incapable de maigrir au gré du chorégraphe, ce serait une nouvelle – mais encore faudrait-il qu’il en parle, ou que quelqu’un serve de source.
    Quatre danseurs sur une distribution de huit, par exemple, qui se verraient remplacer d’un coup par des danseurs dix ans plus jeunes sans raisons, serait une nouvelle. Si quelqu’un voulait bien parler.

    Autant d’exemples, au hasard, bien sûr. Mais un danseur qui parle de création quand il n’y a pas de shows en vue? Il faudrait alors inventer la tribune, car ce n’est pas du ressort des médias d’information.

    Comme journaliste et danseuse, même si je suis présentement plus du côté de la plume que des grands battements, je suis très lasse devant des phrases comme «les médias doivent accorder plus de place aux danseurs». Ces phrases ne changeront rien. Elles ne font que témoigner d’une certaine naïveté dans les meilleurs cas, d’une façon de se déresponsabiliser individuellement dans les autres.

    Tu veux changer les choses? Tu veux entrer dans les médias? Connais ton ennemi, as they say. Informe-toi. Lis plusieurs journaux. Écoute des postes de télé poches, vois ce que le monde aime. Écoute des entrevues d’auteurs et de comédiens, vois ce que les médias cherchent. Comme lecteur, citoyen, danseur, réagis – quitte à réagir tout croche! – via le net ou les adresses de discussions, aux articles de danse – les médias observent les articles qui provoquent le plus de réactions, et ont tendance à faire plus de place à ces sujets – va voir, par curiosité, à quel point à peu près personne, pas même le milieu de la danse, ne réagit aux textes et critiques de danse, comparativement aux autres sujets.

    Écris aux journalistes quand tu trouves qu’ils ont fait du bon boulot. Ou du mauvais. Appelle-les quand tu penses que tu as une nouvelle qui doit sortir, discute avec eux.
    Argumente. Parle. Va prendre les cours de communications et médias du RQD, qui ne coûtent à peu près rien, et où on ne voit pratiquement que des administrateurs et pas de danseurs. Va prendre les cours pour faire des communiqués de presse.

    Intéresse-toi aux médias.
    Comment les danseurs peuvent-ils reprocher aux journaux de pas parler d’eux s’ils ne les connaissent pas? S’ils ne forment pas eux-mêmes une communauté de lecteurs, et de lecteurs engagés et réactifs?

  13. Jamie Wright dit :

    Many more things going around in my head…

    Très inspirant, les billets de Corinne, Jade, Catherine V, Catherine L, et les autres.

    Il y a plusieurs problématiques qu’on essaie d’adresser en même temps, et je commence à discerner un peu. On, les danseurs, réclame de la reconnaissance, mais il faut qu’on sache à qui la réclamer. Ce n’est pas juste la faute des médias–il y a toute une chaîne de responsabilité, et les danseurs y figurent, comme Sonia M. mentionne dans son commentaire sur « les danseurs de 2011. »
    Mais la discipline cherche de la reconnaissance aussi, et je crois qu’une meilleure reconnaissance des interprètes améliora la reconnaissance de la discipline. Avoir encore plus de joueurs reconnus dans la place publique peut seulement augmenter la visibilité de la danse.

    Étape 1 est le concrèt:

    Companies, choreographers, producers, schools, journalists…start putting faces to names, label your photos correctly, don’t post photos and videos of dancers on facebook and youtube without naming them, use dancers in your promotion, ask them to do interviews before premieres, introduce them after the show, put photos in the programmes or lobby.

    Dancers…ask for all of the above.

    Étape 2: Parler. Et écrire. La seule façon de sortir de la peur de se prononcer est de la faire.

  14. Joëlle Charaix dit :

    Ne serait-il pas intéressant de créer une bibliothèque vidéo virtuelle, un endroit où l’on pourrait retrouver les profils des danseurs avec extrait vidéo et de mentionner cette adresse lors des spectacles. En allant retrouver leur danseur(euse) favori(e) de la soirée sur ce site les gens du public auraient la possibilité de découvrir d’autres artistes qu’ils auraient, on le souhaite, envie d’aller apprécier le talent LIVE. J’attends des commentaires sur les enjeux réels d’une telle entreprise, c’est une idée lancée comme ça, à l’aveuglette…

    • C’est une idée que Fabienne Cabado m’a lancée aussi l’autre jour au détour d’une conversation. Des bios filmées, ce serait une belle idée. Peut-être que le portail de la danse, ce nouveau site que le RQD mettra en ligne dans quelques mois permettrait de lancer une telle initiative? Quand on a des idées comme ça, il ne faut pas hésiter à écrire quelques lignes là dessus et à aller voir les personnes responsables qui peuvent aider à leurs réalisations… L’autre jour, je parlais d’un comité chargé de l’image du danseur au sein du RQD et Corinne Crane-Desmarais semblait trouver que c’était une bonne idée. Pourquoi pas elle et toi Joëlle rassembler quelques danseurs, aller voir le RQD avec l’idée, former le comité et mettre en place une initiative comme les bios vidéos?

      Je trouve que c’est une excellente idée et qu’elle mérite qu’on voit comment elle pourrait prendre forme. Prenez les choses en main, sculptez votre environnement comme vous souhaitez le voir vivre!

  15. Corinne Crane-Desmarais dit :

    Merci Catherine d’avoir répondu au commentaire que j’ai écrit. Sur un élan de passion, j’ai commenté dans le but de recevoir une réponse comme la tienne. Une réponse qui allait situer également certains comparses dans leur réflexion, je l’espère et mettre le moteur en marche pour ma part. En effet, j’ai encore beaucoup de choses à apprendre au niveau du fonctionnement des médias et du milieu aussi et je ne prétends pas tout savoir, loin de là! J’ai eu réponse à mes questions et à certaines de mes incompréhensions. Bien sûr, ni un danseur ni un chorégraphe ne pourrait avoir accès à une quelconque forme de couverture médiatique plus populaire, s’il n’y a rien de croustillant à faire sortir au grand jour ou un événement à promouvoir qui l’impliquerait. Ce serait plutôt à un magazine portant sur la danse de faire un tel article. Cette idée était plutôt un souhait provenant d’une jeune interprète qui souhaiterait de tout cœur ouvrir un journal et tomber fréquemment sur un article étoffé sur un danseur apprécié de tous, qui nous parle de son art. Ce qui serait d’autant plus génial parce qu’une tonne de lecteurs, en grande partie exerçant une autre profession que la danse, liraient peut-être pour la première fois de leur vie sur ce sujet. C’est l’exposure qu’offrirait un tel article qui serait bénéfique dans l’optique de créer un star-système basé sur les interprètes. Pour avoir grandie dans une famille œuvrant dans le milieu des médias populaires, je sais pertinemment qu’ils ne s’intéresseront pas à la danse s’il n’y a rien de sensationnel à couvrir. Ils cherchent la nouvelle, l’exclusivité, mais surtout ce qui va faire réagir Monsieur/Madame tout le monde et non ce qui va les faire découvrir autre chose. Alors, pour ce qui est de couvrir la danse contemporaine, on repassera c’est bien évident! Pour la presse écrite anglophone et francophone qui couvre la danse, le travail d’information est sans contredit fait avec compétence et je suis certaine qu’ils seraient enchantés de se voir offrir la chance d’exposer l’art pour lequel ils se passionnent sous un autre angle. Cet élan n’attaque pas les journalistes, mais propose des idées folles qui font rêver tout le monde, certes, mais qui pourraient inspirer quelqu’un à créer quelque chose…. Sait-on jamais! À noter que je souligne aussi que c’est à nous de commencer à bouger!
    Lorsque j’ai lue ce passage : ‘’Mais un danseur qui parle de création quand il n’y a pas de shows en vue? Il faudrait alors inventer la tribune, car ce n’est pas du ressort des médias d’information’’, je me suis dit que c’était là une excellente solution. Créer la tribune. Comment ? Les moyens sont multiples… Comme tu l’as souligné, plusieurs formations existent pour aider à la création d’outils de communications. De plus, ce n’est pas la motivation et les idées qui manquent ! Ce serait un beau projet pour 2011. Mon désir de m’engager ira très certainement dans le domaine de la communication et pendant que je fais mes classes, je me risque à parler de mes idées, même si elles sont utopiques ou teintées de naïveté! Je prends bonne note des noombreux conseils que tu donnes à la fin de ton commentaire.
    J’aimerais souligner que dans la dernière phrase de Jamie, elle parle de peur de se prononcer. Je crois qu’elle touche ici à un point important qui a déjà été abordé sur ce blog, mais qui gagnerait à être remit sous les projecteurs. Se prononcer sur le milieu est délicat et d’autant plus lorsqu’on vient d’y entrer. Sur ce, j’inviterais ceux qui se sentent interpellés par les sujets abordés, à répondre par un commentaire sincère et à parler de ces sujets autour d’eux, même s’ils sentent que leur manque d’expérience pourrait leur jouer des tours.

  16. Cath Lalonde dit :

    Corinne, tu mets le doigt sur un gros aspect de la problématique. En lisant ton post, soudain ressort avec clarté qu’il y a une contradiction:

    si la danse veut une reconnaissance médiatique globale, générale, dans toutes les couches de la société, effectivement elle va devoir viser les médias de masse, soit les plus populaires – et ceux, conséquemment et malheureusement qui sont peut-être le moins à même de comprendre toutes les subtilités de la danse et du métier de danseur. Des médias qu’on peut même avoir envie de snober, par moment…

    et, de l’autre côté, une tribune créée sur mesure pour la danse, pour creuser les problématiques propres au milieu, en dehors des diktats des médias, risque toutefois de ne pas toucher beaucoup en-dehors du milieu.

    Comment peut-on régler cette contradiction?
    Faut-il vraiment choisir entre les deux pôles? Peut-être que non. Peut-être qu’on peut viser parfois l’un, parfois l’autre, en sachant justement à qui on s’adresse, et ce qu’on attend comme retombée.

    Ça se clarifie, non?

  17. Corinne Crane-Desmarais dit :

    Plus c’est clair et plus y il a là quelque chose à dire, Catherine!
    Merci de faire ressurgir aussi concrètement cette question devant laquelle, j’en suis certaine, d’autres ce sentent aussi impuissants que moi.
    Savons-nous réellement ce que veulent savoir les gens? Si nous ferions question/réponse, nous nous dirions qu’il est impossible qu’une population plus large puisse s’intéresser à la danse contemporaine. Bien souvent, nous avons le réflexe de penser que le mur qui nous sépare du reste de la population, a été érigé malgré nous. Peut-être bien que oui. Peut-être avons-nous aussi mit les dernières briques en se disant que c’était bien plus confortable comme ça. Entre nous, c’est bien plus simple! On se comprend tout de suite, pas besoin de tout expliquer!
    À chaque semaine, si ce n’est pas plus,je me retrouve devant une paire d’yeux arborant un vide incroyablement profond quand vient pour moi le temps d’expliquer ce que je fais de mes journées, quels sont les projets dans lesquelles je danse, ma formation etc. Devant cette situation, je ne me fâche plus intérieurement. Je comprends maintenant qu’il y a eu un manque de communication et d’information à quelque part et qu’il date de plusieurs années.
    Comment leur en vouloir d’être néophytes et de n’avoir absolument aucun point de comparaison possible? Par intérêt et curiosité, ils voudraient bien avoir une illumination soudaine et tout comprendre les faits que je leurs partage. Mais…non! C’est à eux que les médias de masse parlent à travers leurs caméras ou leurs écrits. Je n’ai pas de statistiques, mais j’ai la forte impression que ces gens représentent la majorité de la population!
    Je me demande si de savoir à qui revient la faute, peut vraiment faire avancer les choses. En fait, comme tu le souligne, commençons par savoir s’en servir si nous voulons rejoindre une population susceptible de s’intéresser à ce que l’ont fait. Un peu de médias de masse, un peu de plus spécialisé à dose presqu’égale ne pourrait certainement pas nuire à aller accrocher un plus large public. Le grand défi est surtout de savoir comment leur présenter la danse contemporaine. Aurions-nous deux plans de communications différents afin de s’assurer que les adeptes s’y retrouvent et que les néophytes s’y intéressent? Si oui, comment adapter une stratégie de communication qui pourrait faire en sorte que Jean Untel de St-Jérôme, propose à sa femme une sortie ‘’découverte’’ à L’Agora de la danse un vendredi soir? Serait-il intelligent de notre part de bien savoir se servir de la montée de popularité dont profite la danse depuis quelques années avec les émissions de divertissement diffusées partout dans le monde? Dit de cette façon, il est évident que oui, mais quelqu’un saurait comme bien manier le tout sans compromettre ne serais-ce qu’un peu le contenu des spectacles à présenter? Comment se servir de ce phénomène du divertissement qui ne se rapproche en rien de notre réalité, comme nous en avons souvent la certitude? Aller à contre-sens? En faire fi complètement? Créer des parallèles et amener tranquillement les gens à s’intéresser à une forme d’art qui elle, n’est pas tout a fait populaire, demande une bonne ouverture d’esprit et un certain abandon dans la réception? Tout un mandat, mais faisons-leur d’abord davantage confiance. Peut-être n’ont-ils pas toutes les ressources en la matière pour se questionner au même titre que nous le faisons sur un spectacle. Mais rappelons-nous qu’ils ont aussi un corps, une sensibilité et une imagination et que comme tout être humains, ils ont la capacité de faire des liens et de les analyser à l’intérieur d’un contexte donné.

    Je n’ai sincèrement aucune réponse à ces questions. Je les lance aux lecteurs du blog autant qu’à moi.

    J’aimerais aussi souligner que ce ne sont pas seulement Monsieur/Madame tout le monde qui gagneraient à être bien informés sur la danse contemporaine. À mon grand étonnement, je remarque que les gens œuvrant dans le milieu des arts ont aussi, dans plusieurs cas, au moins deux décennies à rattraper! C’est malheureux, mais on me fait fréquemment la ‘’passe du bacon’’ en guise de preuve d’une certaine culture en danse contemporaine. Il y a énormément de boulot à faire! Par où donc commencer?

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