Prix citron aux Grands Ballets

Dans le mot d’introduction du dépliant de saison des Grands Ballets Canadiens de Montréal,  Gradimir Pankov ne fait aucune allusion au travail et au talent des danseurs qui font partie de la compagnie.

Le directeur artistique parle plutôt de sa « fierté à l’idée d’accueillir trois figures de proue de la danse allemande » (les figures de proue étant bien entendu des chorégraphes), de sa « joie » à « retrouver l’Italie » et  encore de sa « joie d’accueillir dans [son] théâtre le Ballet national de Cuba ».

Monsieur Pankov met toute l’emphase sur le rayonnement et le succès de sa compagnie, mais n’accorde aucun crédit aux danseurs. Faut-il lui rappeler que sans les danseurs, la compagnie ne rayonnerait pas beaucoup et que les deux sont indissociables? Nous déplorons également le fait que personne n’ait pensé à mettre quelque part à travers les 11 pages du dépliant le noms de ces artistes.

Par ailleurs, même si le dépliant est illustré par plusieurs photos, seulement 3 danseurs sont identifiés. Rien de mystérieux, c’est probablement parce qu’ils ont le titre de « solistes » et qu’ils doivent avoir une clause à cet effet dans leur contrat.

Vive la hiérarchie.

Statistiques

Les variations du mot « Danseur » apparaissent seulement 5 fois dans toute la brochure, aussi surprenant que cela puisse paraître: Danseur (1X), Danseuse(s) (3X), Dancceur (he oui, 1 x). Quelle ingéniosité de pouvoir autant parler de danse en évacuant si clairement ceux qui la rendent possible!

3 réflexions sur “Prix citron aux Grands Ballets

  1. Mike dit :

    Merci Catherine! J’étais dans le métro aujourd’hui et quelqu’un a laissé un jolie pamphlet des Grands Ballets sur une siège. En fait, les pamphlet traînes partout! Mais, comme toi, j’ai aussi remarqué que les noms des danseurs n’apparaissaient nul part. J’espère bien qu’ils vont prendre tes observations en tête. Bravo!

    • Fabienne Cabado dit :

      J’ai profité de mon passage au Grands Ballets pour un article sur Léonce et Léna pour poser quelques questions sur le sujet à Francine Arsenault, responsable des communications.

      Elle a pris acte de cette malheureuse omission, mais a souligné que l’an dernier, toute la campagne de communication était axée sur les danseurs, qu’on trouvait sur le site une bio détaillée de chacun d’eux avec photo et que leurs noms étaient aussi scrupuleusement inscrits dans les programmes.

      Pour ce qui est des noms des danseurs dans les légendes des photos, il a été voté par le syndicat des danseurs des GBCM, car ils sont syndiqués, qu’au-delà de trois personnes sur une photo, personne n’était identifié (ou quelque chose du genre. Je n’ai pas pris de notes et ma mémoire me fait défaut.)

      Tout ça pour dire que Les Grands Ballets, comme toute autre compagnie (et même comme les médias), doivent faire des choix marketing pour capter et conserver l’attention du public, et que citer tous les noms des danseurs ne sert pas forcément la cause de la danse. Je crois qu’il est très nécessaire de lutter pour la reconnaissance des interprètes mais qu’il faut aussi être capable de relativiser et, dans certains cas, faire preuve de circonspection.

      • Une précision: Dans la photo qui illustre Moulin Rouge, la danseuse est seule et non identifiée.

        Autrement, deux ex-danseurs des Grands Ballets m’ont contacté après la parution de mon article. Je ne peux pas rapporter leurs propos car ils m’ont écrit personnellement et bien que je les ai invité à s’exprimer sur mon blogue, ils ont préféré ne pas le faire. Ils m’ont tous les deux confirmé que lorsqu’ils y travaillaient, ils n’avaient pas l’impression de « faire partie de la famille ». Un d’entre eux m’a même affirmé que j’avais tort, que la compagnie pourrait très bien vivre sans les danseurs, qu’elle pourrait remplacer l’un ou l’autre sans problème. Bref, que les danseurs ne sont pas une donnée réelle dans l’équation.

        J’ai toujours l’impression qu’on écoute plus les justifications des compagnies, des directeurs, que les témoignages des danseurs. Peut-être parce que, comme ces deux danseurs, ils refusent de s’exprimer publiquement et librement. Évidemment, ils sont encore danseurs et s’exposent à des représailles s’ils disent ce qu’ils ont ressenti et vécu. On est dans un monde où le danseur n’a aucun pouvoir, voilà entre autre pourquoi j’écris ce blogue. Pour essayer de balancer un peu. Mais je vous jure que toute seule, je ne pèse pas lourd dans la balance. Merci Fabienne d’avoir amené ces considérations aux GBCM, mais de là à dire: ha tout s’explique, je ne te suis pas complètement.

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