Une Cinquième salle citronnée

J’aurais  décerné un prix citron carabiné à la Cinquième Salle si Sonia Auger-Guimont (coordonatrice à la programmation) n’avait pas pris le temps de s’entretenir avec moi par téléphone et de me fournir de nombreux renseignements dont j’avais besoin pour ce billet.

Je vous explique : dans le contexte économique actuel (l’expression de l’année!) on doit choisir entre « prod » et « pub ». À la Cinquième, on a décidé de favoriser la « prod ». En conséquent, la « pub » a été coupée ce qui a donné un dépliant de modeste dimension (c’est ce que m’a expliqué Sonia, je ne l’ai pas encore vu). Parce qu’il y avait moins de place, on a fait « le choix éditorial de ne pas mettre tous les noms des artistes » dans le dépliant. Trop d’info au centimètre carré, ça donne une céphalée au spectateur potentiel et en plus, c’est pas beau.

Sonia Auger-Guimont m’a expliqué que pour la confection du dépliant, les compagnies ont toutes approuvé la maquette du graphiste. C’est-à-dire qu’elles ont validé le « choix éditorial » de la Cinquième Salle sans s’offusquer outre mesure de notre anonymat. Je dois avouer que je suis toujours rassurée de voir la belle solidarité qui existe entre les membres de notre belle communauté.

Suite à cela, j’ai fait remarquer à Sonia que cette logique s’appliquait difficilement au site web, où les danseurs sont également anonymes (comme les acteurs d’ailleurs). Mon interlocutrice m’a expliqué que le site sera mis à jour progressivement au cours des prochaines semaines, au meilleur des informations dont ils disposent. Car il faut préciser que des compagnies comme Pigeons International et Coleman Lemieux n’ont carrément pas fourni les noms de leur distribution. Chez Pigeons, on m’a expliqué que la distribution n’est pas encore complétée. Du côté de Coleman Lemieux, personne ne m’a rappelé à ce sujet, mystère donc.

À la Cinquième salle, cette saison

En novembre 2010: Jumeaux

Les danseurs français Kevin Bruneel, Guillaume Chevereau, Anthnoy Cazaux, Claire Pidoux rencontrent les québécois Marilou Castongay, Alan Lake et Arielle Warnke St-Pierre (photo) dans une œuvre coproduite par Le fils d’Adrien Danse (Québec) et la compagnie Yvann Alexandre (Cholet). À noter que les spectateurs montréalais connaissent peut-être déjà Alan, Arielle et Marilou qui ont dansé le très apprécié Nu à l’Agora, la saison dernière.

En décembre 2010: Hymn to the Universe

On ne sait pas pour l’instant qui seront les danseurs que l’on verra en décembre, ni même qui a participé au processus de création jusqu’à présent, mais on se doute que Carol Prieur qui figure sur les photos a vaguement quelque chose à voir avec le show… Mais on sait qu’on y verra 7 formidables danseurs à la technique éblouissante et au charisme éclaté. Yé.

En février 2011: Grâce à dieu, ton corps

On verra dans ce spectacle Nathalie Zoey Gauld qui a aussi participé à Demain, Kiss Bill et Boa Goa (voir photo). De l’extérieur, on pourrait comparer la relation Paola de Vasconcelos – Zoey Gauld, à celle de Danièle Desnoyers et Siôned Watkins. Ce sont des relations créateurs – muses. Depuis 4 ou 5 ans, Zoey est toujours la tête d’affiche de la compagnie et se fait encenser par la critique (lumineuse, envoûtante) et le public (superbe, resplendissante). Ça se souligne.

Par ailleurs David Rancourt, qui se présente sur le site du RQD comme danseur et chercheur (belle trouvaille!) est un des trésors de Montréal. En un peu moins de 10 ans de carrière, il a non seulement dansé pour Chouinard, Émard et Navas, mais participe aussi à l’émergence de nouvelle signatures chorégraphiques comme celle d’Annie Gagnon.

En avril 2011 : Gravity of center

Notons que parmi toutes les compagnies mentionnées dans cet article, seul le site de la compagnie Rubberbandance a une page consacrée aux danseurs qu’elle emploie. C’est un signe de reconnaissance très appréciée. Le quatuor est composé de Emmanuelle Lê Phan, Elon Höglund et des directeurs artistiques de la compagnie Victor Quijada et Anne Plamondon.

On y pense

Quand je fais des recherches sur les sites internet des compagnies, je me rends compte régulièrement que celles qui engagent des danseurs pigistes ne leur consacrent aucun espace spécifique. J’en suis venue à conclure que les compagnies ne considèrent pas les danseurs pigistes comme « des membres de l’entreprise », même s’ils y travaillent pendant des années. Décevant. Conclusion? Les danseurs ne doivent pas s’attendre à obtenir de la visibilité sur le site des compagnies qui les emploie et s’occuper sérieusement de leur auto-publicité.

Chouette

On a noté dans le Devoir du 21 août que Frédérique Doyon a nommé toute la distribution du nouveau spectacle de Chantal Caron et a identifié chaque danseur apparaissant sur la photo qui illustrait son article Créatures fluviale.

Hum…

On est tombé sur un extrait du nouveau et très prometteur spectacle de Bouge de là, l’Atelier, mis en ligne sur Youtube par la Société pour la promotion d’événements culturels du Haut-Richelieu. La notice explicative sous le vidéo donne une date et un lieu de présentation, ainsi qu’un nom et un numéro pour réserver, mais ne précise pas qui sont les danseurs qu’on voit sur la vidéo. Pas cool. Pour votre information, les danseurs-créateurs que l’on peut admirer dans cet extrait sont Jean-François Légaré, Nicolas Labelle (« Que l’on fasse mon portrait »), Audrey Bergeron (en robe) et Jessica Serli (en pantalon).

2 réflexions sur “Une Cinquième salle citronnée

  1. Salut Catherine🙂 Je viens de me lever et de lire ton article…je suis tellement d’accord avec toi et tellement reconnaissante que tu aies décider de t’exprimer ainsi auprès de la communauté et de tous qui te liront ! Ton blog est génial !

    De mon côté, tout ce que j’affiche, que ce soit sur ma page YouTube, sur Facebook ou des flyers, affiches…je mets TOUJOURS le nom de tous mes collaborateurs et danseurs parce qu’à mon avis, il est certain que les gens viennent voir le travail du chorégraphe, mais les danseurs et collaborateurs sont aussi important au succès de l’oeuvre🙂

    Penses-tu que la relève est plus consciencieuse à ce sujet ?

    • La relève est peut-être un peu plus consciencieuse, mais il est certain que les compagnies et artistes émergents n’ont pas à gérer autant de dossiers que les compagnies ou les diffuseurs plus établis. À long terme, il est possible que les cies émergente tombent dans le même pattern. Mais il se peut que la « nouvelle génération » – qui deale mieux avec les réseaux sociaux et sont nés dans le bain des communications en tout genre – voit les choses différemment. Au final, l’idée est quand même de réfléchir aux détails qu’on croit « sans conséquence » et qui pourtant affecte profondément l’estime des danseurs.

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