Voir les danseurs à l’Agora

Septembre : S’envoler

La chorégraphe Estelle Clareton met en scène douze danseurs pour notre plus grand plaisir. D’abord Dominic Caron (photo), danseur puissant et enflammé, qui a débuté sa carrière il y a une dizaine d’année et travaille depuis 2007, avec Montréal Danse. On a pu admirer son talent d’improvisateur sur la scène de l’Agora dans Bodies to Bodies d’Isabelle Van Grimde en mars dernier. Nous verrons aussi l’imposant Frédéric Marier, sur lequel vous pouvez trouver pas mal d’infos en naviguant un peu puisqu’il chorégraphie ses propres oeuvres… Raphael Cruz fait aussi partie de cette distribution et a travaillé auparavant sur Traces avec la compagnie Les 7 doigts de la main.

S’envoler nous permettra de voir dans une oeuvre de danse l’actrice Noémie Godin-Vigneault, qu’on a vu entre autre dans le film Nouvelle-France avec Gérard Depardieu, mais surtout (!) dans le Très grand continental de Sylvain Émard au dernier FTA. Autrement, surveillez une nouvelle artiste qui a terminé sa formation tout récemment, Marie-Ève Lafontaine.

Revenons aux hommes, Sylvain Laforturne, qui défend sa thèse de doctorat le 21 juin 2010, a dansé pour des compagnies comme Lars Lubovitch, Les Grands Ballets Canadiens et O Vertigo en plus d’être un professeur réputé dans l’enseignement du travail de partenaire et un proche collaborateur de Clareton.

Complètent la distribution masculine, Brice Noeser, originaire de France et basé à Québec qui vient régulièrement présenter ses créations à Montréal et Alexandre Parenteau (photo), excellent dans un travail burlesque et caricatural, mais néanmoins capable d’une belle justesse et de beaucoup de nuances dans les relations qu’il entretient avec ses partenaires de scène.

Sur le site de Manon fait de la danse vous trouverez une courte bio de Mathilde Monnard qui a dansé pour Marie Chouinard, Manon Oligny et Pigeons International.

C’est avec bonheur que nous retrouverons la fougue espiègle de Julie Marcil (photo) qui a rendu depuis 10 ans le travail de chorégraphes tels Roger Sinha, Hélène Langevin, Estelle Clareton et qui étudie à présent l’horticulture.

Ce sera un automne occupé pour la prolifique Jamie Wright que l’on verra aussi dans Gravel Works au théâtre La Chapelle en novembre. Pour ceux qui souhaitent apprécier la largeur du registre d’interprétation de Jamie, c’est le moment!

Esther Rousseau-Morin pour qui j’ai un faible assumé est une femme lumineuse, affirmée et mystérieuse, une danseuse aux lignes précises et fluides. Elle a l’étoffe d’une grande artiste, suivez-la de près! C’est elle qui saute en avant du groupe sur la photo qui illustre S’envoler. On la voit aussi dans l’extrait très réussi de ce film d’Alan Lake. Esther danse également avec le Carré des lombes.

Septembre: Jamais!

Catherine Lalonde, journaliste, poète (Corps Étranger) et chorégraphe (Musica Nocturna) s’exprimera comme danseuse-interprète dans ce spectacle. Elle partagera la scène avec l’auteure et journaliste Aline Apostolska et Savannah Lou Mavrikakis-Cochran.

En octobre: Cloak

Chorégraphié et dansé par George Stamos, dont vous pourrez lire la bio complète sur son site avec comme partenaire Clara Furey. Pour les fans de Clara, qui n’a plus besoin de présentations, vous pourrez la voir au Quat’Sous qui lui offre une carte blanche deux semaines plus tard.

Octobre : Tous les noms

La chorégraphe et danseuse catalane María Muñoz nous présente une nouvelle œuvre solo.

En novembre : Soupe du jour

Sur scène: Complice des oeuvres de Lina Cruz depuis de nombreuses années (notamment dans Coquille d’oeil) Élinor Fueter est une artiste qui bouge de manière surprenante et insolite. Dotée d’un fort sens théâtral, elle apporte souvent une inconvenance délirante aux projets dont elle fait partie.

Aussi, Catherine Larocque, encore peu connue, qui a une solide formation en danse classique et collabore depuis 2007 aux projets de Lina Cruz,  Lydia Wagerer, danseuse de métier établie à Québec, William Yong qui est aussi acteur, mannequin, chanteur et travaille principalement à Toronto, ainsi que Loïc Stafford-Richard.

Dans K-5, la dernière pièce de Cruz, « la sensuelle » Soula Troukagos (photo) dansait « un solo char­mant ». Soula a aussi foulé la scène de l’Agora en mars dernier lors du spectacle Chemin de traverses (Van Grimde Corps Secrets). Voyons ce qu’elle fera de Soupe du jour.

It’s about time: 60 dances in 60 minutes

Les danseurs qui ont  chorégrahié cette œuvre avec Michael Trent sont Rob Abubo, Lori Duncan, Kate Hilliard, Kate Holden (sur le site de Dancemakers, les Kates vont ensemble…) et Steeve Paquet.

Variations sur le sacre du printemps

Les danseurs qui travailleront cet l’automne à finaliser cette nouvelle création de Cas Public sont Roxane Duchesne-Roy , Merryn Kritzinger (photo) et Pierre Lecours et Rocky Leduc-Gagné, dont la biographie n’est pas encore disponible sur le site de la compagnie, qui aurait d’ailleurs bien besoin d’une mise à jour. Notons aussi la présence de Mickaël Spinnhirny qui nous prouve par son sympathique site web qu’il est à la portée de tous les danseurs de se mettre en valeur sans attendre que les compagnies le fassent à leur place! Bravo Mickaël!

Cabane

Conçu, créé et dansé par Paul-André Fortier avec Rober Racine, qui signe aussi la musique. L’automne se termine avec le spectacle des étudiants de l’UQAM en décembre.

OBSERVATIONS

  1. Il est facile de trouver de l’information sur les danseurs s’ils sont aussi acteurs, chanteurs, écrivains ou chorégraphes.
  2. Il est difficile sinon presque impossible de trouver de l’information sur les danseurs quand ils ne sont « que » danseurs.
  3. Le manque d’information disponible au sujet des danseurs sur Internet est flagrant. Ni les compagnies, ni même les danseurs ne semblent voir ce problème, ni même réaliser que c’est un problème.
  4. Il est important et facile de diffuser des informations sur soi lorsqu’on est un artiste de scène, pigiste de surcroît. Comme danseur, cela fait partie de notre rôle de promotion et de valorisation de la discipline.
  5. Les compagnies auraient tout avantage à rendre disponibles les biographies d’artistes avec qui ils collaborent. Cela ne peut qu’encourager le public à suivre le travail de chacun.
  6. Bien que plus de 30 danseurs soient sur scène cette saison à l’Agora, la série Visages de la danse, « qui donne la parole à des figures clés de la danse contemporaine », ne propose pas de rencontre avec des danseurs. Doit-on en conclure que les danseurs ne sont pas des « Visages de la danse » ou qu’ils ne sont pas « des figures clés de la danse comteporaine »? La question est lancée.
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9 réflexions sur “Voir les danseurs à l’Agora

  1. Stéphanie Brody dit :

    Bonjour,

    L’Agora ne propose pas au public que des entretiens avec des chorégraphes. En fait, lors des Parole de chorégraphe de l’Agora, les danseurs sont presque systématiquement sur scène pour la discussion, avec le chorégraphe (pourquoi appeler ça Parole de chorégraphe alors: il faut le demander à l’Agora). Et lorsque j’anime ce type de rencontre, je pose tout autant des questions au chorégraphe qu’aux danseurs. Le public comprend alors très bien que le danseur participe grandement au processus de création. Et je peux attester que c’est le cas pour presque toutes ces activités de médiation culturelle, quel que soit le diffuseur qui l’organise.

    • Merci de le rappeler, Stéphanie, mais en fait je parlais des « Entretiens » tenus conjointement par l’Agora de la danse, Circuit-Est et Les Grands Ballets Canadiens: À l’automne, Aline Apostolska s’entretiendra avec Christian Spuck, chorégraphe invité aux Grands Ballets Canadiens (Goethe-Institut, 5 octobre), avec Paul-André Fortier, chorégraphe, interprète et directeur artistique de Fortier Danse-Création (Circuit-Est centre chorégraphique, 2 novembre) et avec José Navas, chorégraphe, interprète et directeur général et artistique de la Compagnie Flak (Agora de la danse, 7 décembre). J’aurais dû mieux le spécifier.

      Première question: pourquoi ne s’entretient-on pas avec un danseur dans le cadre de cette série intitulée « Action culturelle »? Pourquoi ne pas s’entretenir avec Sophie Corriveau, Marc Boivin, Carol Prieur, Mathilde Monnard, Patrick Lamothe, Robert Meilleur, Carla Maruca, Manuel Roque, Éric Beauchesne et j’en passe?

      L’autre réflexion que je me fais Stéphanie, c’est que je ne crois pas que lors des discussions avec le public après une représentation, le danseur ait suffisamment de place pour s’exprimer. Le public entretient l’idée toute faite (entretenue par le milieu – danseurs y compris, entretenue par les médias, entretenue par une certaine conception générale) que la parole du chorégraphe est forcément plus importante que celle du danseur puisque c’est son nom qu’on voit partout. Cercle vicieux. La conversation, dès lors, s’articule autours de l’imaginaire, des valeurs, des idées, des conceptions du chorégraphe.

      « Et vous les danseurs, vous avez quelque chose à ajouter? »

      Si on allait à l’envers du problème et qu’on faisait des discussions uniquement avec les danseurs? Les chorégraphes ont bien assez (tout est relatif, j’en convient) « d’exposure » dans les médias par rapport aux danseurs. Pourquoi ne pas questionner le danseur après la représentation sur ce qu’il vient de vivre, comment s’est passé le processus créatif, qu’est-ce qui distingue cette oeuvre de la précédente? Croyons-nous que le public ne sera pas fasciné par la démarche du danseur?

      Si le chorégraphe, sur 20 ans, crée une vingtaine d’oeuvre (ses propres projets, les commandes, etc), n’oublions pas que les danseurs en interpréteront probablement plus de 50 dans cette même période! Ce qui les place dans une position privilégiée pour être témoins de l’évolution de la danse et fait d’eux des spécialistes de la création contemporaine possédant un regard beaucoup plus large que celui des chorégraphes.

      Nous nous privons ainsi collectivement d’accéder au coeur même de notre vitalité artistique. L’avenir de la danse passe par la place qu’on fera aux danseurs partout, sur toutes les tribunes et dans tous les comités.

    • Sans vouloir en rajouter, mais dans le but de démontrer plutôt comment les à priori sont forts, j’invite tout le monde à lire ce texte qui explique ce que sont les rencontres intitulées Parole de chorégraphe: « Chaque série de spectacles présentée à l’Agora s’accompagne d’une soirée particulière où, dans un contexte chaleureux, spectateurs et chorégraphe partagent leurs impressions, échangent commentaires et questions. »

      Il n’est nullement question de danseurs, évacué de l’équation. Je maintiens qu’en écoutant bien les mots choisis, on réalise les choix inconscients faits par toute une communauté.

      • Stéphanie Brody dit :

        Je note, Catherine, et je suis d’accord que ce serait intéressant de commencer par poser des questions aux danseurs, même s’il est impensable, dans ces contextes précis, que je fasse abstration du chorégraphe. Il y a effectivement moyen de donner aux interprètes une place plus soutenue, dans le court temps alloué.

  2. J’ai une idée: pourquoi ne pas rencontrer le chorégraphe avant le show, dans le café de l’Agora. 2 petits micros (ou pas) et on y va. Ça rendrait l’espace dynamique (!), ceux qui ne sont pas intéressés arrivent à 20h pile. Ça permettrait aussi aux spectateurs néophytes de recevoir quelques indications / codes / clés précieux, pour aborder le spectacle, comme une visite guidée dans un Musée. Je sais que beaucoup de chorégraphes n’aiment pas cette idée, mais l’a-t-on vraiment essayé? A-t-on demandé au public ce qu’il préfèrerait entre les deux, s’il aimerait essayer le concept? Ainsi, après le show, on pourrait se permettre une rencontre avec les danseurs seulement. La boucle serait bouclée.

    • Je me souviens que Danse Danse organisait des discussions d’avant-spectacle l’an dernier. Pas nécessairement avec le chorégraphe, mais l’idée était de donner quelques clés pour comprendre le spectacle. La salle était bondée.

  3. Pour info, le danseur Hervé Courtain a déjà été l’invité des Visages de la danse animés par Aline Apostolska.

    Pource qui est des rencontres avant le spectacle, j’en anime dans le cadre du Fab Club que j’ai mis en place récemment pour offrir au grand public un programme de découverte de la danse contemporaine. Le questionnaire auquel les 36 membres de mon focus group ont répondu indique qu’ils préfèrent ne pas rencontrer le chorégraphe avant le spectacle. En revanche, ils apprécient de rencontrer des danseurs avant, comme les Grands ballets en donnent la possibilité avantr les rérpésentations avec des artistes qui n’entrent pas en scène dès le lever de rideau. Cela est difficile à mettre en place quand il y a peu de danseurs sur scène et qu’ils ont besoin de toute leur concentration.

    Par ailleurs, nous avons profité d’un Destination Danse à l’Agora pour faire le test d’animer une rencontre avec chorégraphe et danseurs au bar (tandis que des gens attendaient pour le 2e show au programme ce soir-là) et ça n’allait pas pour deux raisons : le bruit ambiant nuisait à la qualité de l’échange et les nouveaux arrivants se sentaient comme un cheveu sur la soupe. La meilleure façon de programmer de telles rencontres semble être, comme dans le cadre des Soirées à la carte de l’Agora, des échanges des GBCM ou des conférences de Danse Danse, de 19h à 19h30 et dans un lieu à l’écart, de façon à ne pas perturber le flux naturel des spectacteurs.

  4. Je trouve ta critique sur les Visages de la danse injustifiée étant donné que 4 des 6 invités de l’édition 2010-2011 sont des interprètes. Même s’ils cumulent les deux fonctions de chorégraphe et d’interprète (Paul-André Fortier, José Navas), les invités s’attardent toujours longuement sur leur carrière de danseur et sur ce qui les a amené (ou pas) à chorégraphier.

    • Injustifiée, je ne crois pas, mais manquant de nuance peut-être. Cependant, comme je le disais à Fabienne Cabado lors de la parution de son article qui récapitulait l’année 2010, je déplore que si un danseur ne fait QUE danser, il ne soit pas jamais réellement digne d’intérêt pour une discussion sur sa carrière et son expérience. Louise Lecavalier est invitée à titre d’interprète ET de directrice de Fou Glorieux. José Navas à titre de directeur artistique de Flak, Fortier à titre de directeur de Fortier Danse Création. Faut-il que Robert Meilleur devienne directeur de Robert Meilleur Inc pour être digne qu’on le questionne sur sa carrière et son parcours? Bien sûr, je conçois que les activités de médiation culturelle sont là pour attirer du public et faire découvrir la danse. Cela prend des « noms » et les danseurs n’en n’ont pas, puisqu’on les nomme peu (au sens large du terme). Alors pourquoi ne pas inviter José Navas en compagnie de Jamie Wright qui a dansé 6 ans pour lui? Marie Chouinard avec Carol Prieur? Fortier avec Meilleur? Juste une idée comme ça.

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