C’est difficile à dire de l’intérieur

Comme élève, on a souvent quelque chose à dire contre notre prof. Comme travailleur, on a souvent des récriminations contre notre employeur. Le danseur n’y échappe pas, il a souvent des reproches à faire au chorégraphe avec qui il travaille. Certains projets ou processus de création sont exempts de tension, d’autres en sont pleins. À discuter entre collègues, on en apprend souvent plus sur les relations et l’ambiance qui existe en studio entre les membres de l’équipe que sur le travail de création en cours. Cela me mène à la question : Sommes-nous capables d’un réel sens critique au sujet des œuvres auxquelles nous participons? Car quand on lui demande son avis sur l’œuvre à laquelle il travaille actuellement, le danseur se cache souvent derrière la phrase : « C’est difficile à dire de l’intérieur » (réponse qui m’est moi-même venue spontanément il y a quelques jours). Traduction : « Je peux difficilement avoir un sens critique aiguisé, car je ne vois pas la pièce dans son ensemble. Je la ressens, je n’ai pas de distance et ce n’est pas à moi de juger l’œuvre. Mon travail consiste à porter la pièce, à la nourrir, à supporter le chorégraphe dans sa démarche. En bref, je suis au service de l’œuvre et de son créateur.»

Je suis en partie d’accord avec cette affirmation. Comme danseuse, certaines minutes d’une pièce me semblent parfois horriblement longues et ennuyantes et pourtant, des membres du public m’affirmeront que ce sont les plus belles. Notre vision est souvent tronquée selon l’endroit à partir duquel nous observons le problème. Il existe toutefois un clivage entre certains danseurs-interprètes qui se voient davantage « au service de l’œuvre et du créateur» sans devenir de simples exécutant cependant et d’autres qui se voient carrément comme co-auteurs, co-créateurs et co-signataires des œuvres chorégraphiques au même titre que les chorégraphes. Je dois avouer que je penche plus pour la deuxième philosophie, tout en reconnaissant pleinement la valeur de la direction artistique d’un projet qui est assumée par le chorégraphe.

La réponse « c’est difficile à dire de l’intérieur » vient pourtant des deux catégories de danseurs citées précédemment et témoigne du flou qui existe quand vient le temps de s’affirmer comme artiste au même titre qu’un chorégraphe. Cette pratique réponse permet au danseur de se libérer de sa responsabilité qui consiste à prendre part concrètement au processus de création en émettant une opinion, basée sur son expérience passée et présente. Après tout, il a les deux pieds dedans et plus que le chorégraphe, plus que la répétitrice, plus qu’aucun des concepteurs, il est à l’occasion le meilleur juge pour apprécier une situation.

En gardant en tête qu’il a une vision partielle de l’œuvre, mais ô combien essentielle pour l’équipe de création, le danseur est à même de prendre parole au sein du processus. Plus il le fera, plus son statut de créateur sera solidifié. Il est nécessaire qu’il affine sa parole critique sur les œuvres auxquelles il prend part et ce, autant dans le studio, avec l’équipe de production mais également à l’extérieur du studio.

Lors de mes dernières expériences, j’ai commencé à mettre à profit ma compréhension intuitive de la mise en scène et des relations humaines pour améliorer mon statut au sein des équipes avec lesquelles je travaille. Par exemple : Je m’approche quand le répétiteur, le chorégraphe et l’éclairagiste discutent ensemble après un enchaînement. Même si je n’interviens pas, je sais que ma présence influence les discussions. Je ne reste pas assise au sol lors de ces discussions, je me prends une chaise et je me mets au même niveau physique que tous les concepteurs. Pensons-y : nous sommes pratiquement en pyjama, sans chaussures et constamment assis au sol. Ils sont habillés, chaussés et assis sur des chaises. Il y a déjà là une inégalité physique, une situation non-verbale qui souligne davantage l’inégalité des relations. Les premières fois que j’agissais ainsi, je me surprenais à être gênée, à me sentir de trop. J’avais peur qu’on me dise : « Retourne sur le plancher de danse, tu n’as pas à te mêler de la discussion ». Croyez-vous que quelqu’un aurait osé? Bien sûr que non! Et ces essais ont renforcé ma conviction que je devais agir de la sorte, car ils confirmaient mon sentiment inconscient de ne pas être à ma place, ce qui est absurde quand on y réfléchit!

Si nous commençons à plonger dans le processus et à nous forger une opinion critique dans le studio, rien ne nous empêchera de discuter de notre travail à l’extérieur du studio avec d’autres collègues. Et ces discussions ne seront en rien liées avec les insatisfactions vécues avec les employeurs qui devraient être réglées à l’interne, avec l’aide de personnes et d’organismes choisis. On évite ainsi le gossip. On évite que la seule parole qui nous soit attribuée soit le chiâlage généralisé contre nos conditions de travail et nos employeurs. Et on commence à semer une parole critique, réfléchie et posée. On commence à agir comme des adultes, matures et capables de prendre parole. On cesse d’agir comme des enfants qui s’insurgent contre des règles imposées par des personnes en position d’autorité, contre lesquelles nous ne pouvons rien.

J’ai demandé un jour à une journaliste, pourquoi si peu de danseurs étaient interviewés lors de la production d’une œuvre. Pourquoi est-ce que les danseurs ne font jamais le front page, pourquoi ne sont-ils jamais au cœur d’un article comme le sont les acteurs par exemple? Elle m’a répondu à peu près ceci : « Pourquoi irais-je interviewer un danseur qui travaille pour Ginette Laurin qui va me dire que Ginette est fine, que Ginette est extraordinaire, que Ginette a de bonnes idées? Autant interviewer Ginette elle-même. Lorsque les danseurs seront capables de prendre parole au sujet des œuvres qu’ils créent et qu’ils interprètent, il sera intéressant de les interroger. D’ici là, je vais continuer à m’intéresser principalement à Ginette.»

Nous souhaitons, en silence (!), être pris au sérieux, être nommés, être reconnus. Mais nous ne recevrons cette reconnaissance que lorsque nous prendrons la responsabilité de parole, d’action et de réflexion. Nous devons d’abord devenir adultes.

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11 réflexions sur “C’est difficile à dire de l’intérieur

  1. Nicolas dit :

    Tout à fait d’accord. La légitimité du droit de parole et de la prise de position vient de la connaissance et de l’expérience. L’implication est nécessaire pour être pris en considération. Nous jugeons parfois à la négative la présence et le pouvoir de l’interprète sur la conception d’une oeuvre chorégraphique. Les danseurs sont la matière vivante de la création et leur opinion est essentiel à la cohésion d’un spectacle. En quelque sorte, c’est aussi la responsabilité du danseur de participer à ces discussions. Et ce blogue nourrit l’importance du rôle créatif de la matière première de la danse: le danseur. Merci Catherine.

  2. Johanna dit :

    Tout d’abord bravo Catherine pour cette initiative. C’est dans l’air en effet: les danseurs veulent prendre la parole et prendre de plus en plus cette place qu’ils méritent au sein de la création chorégraphique. Le danseur est à reconnaitre comme créateur, faisant partie intégrante de l’oeuvre par sa simple présence et son intégration personnelle de la gestuelle mais également par sa place dans le processus de création même. Le danseur n’est pas seulement un exécutant et il le sait très bien. Alors en effet pourquoi dire « c’est difficile à dire de l’Intérieur ». Généralement, cette phrase toute faite et en effet fort pratique est du même ordre que « c’était intéressant » quand on sort d’une pièce comme spectateur. On ne veut pas trop s’avancer. Pour les danseurs: Excès de modestie (dire qu’une pièce est vraiment excellente renverrait au fait qu’on se trouvent en effet bien bons) ou moyen de cacher son sens critique car en réalité de l’intérieur nous sommes les premiers à voir les failles de transitions, les problèmes de rythmes, le manque de cohésion d’une oeuvre, etc. Mais de façon aussi positive ou neutre, au delà de ma participation, je suis aux premières loges comme interprète pour parler d’une création: étapes du processus, recherche d’états particuliers, sens et sujet de l’oeuvre, intégration des différents éléments. Dernièrement, je me suis permise d’aller engager la conversation avec une critique de danse qui avait fait un article sur une pièce dans laquelle je dansais. Je respectais son opinion mais me posais des questions sur sa manière d’en parler. Alors qu’elle parlait de la qualité de la gestuelle, il me semblait que son propos tenait plus de l’ordre de la construction de l’oeuvre. Après quelques mots échangés, elle reconnaissait son erreur: mon impression de l' »intérieur » n’était pas si subjective que cela et ma connaissance de l’oeuvre permettait de clarifier et d’éclairer le jugement de cette critique et son vocabulaire employé. Personnellement, comme interprète, je me sens plus à l’aise de donner mon avis sur une oeuvre que j’interprète quand le chorégraphe m’a donné cette place de collaborateur dans le processus de création plutôt que celui de simple véhicule de sa gestuelle. Mais cette place de collaborateur c’est aussi à moi de la prendre. La question de la responsabilité de l’interprète que tu mentionnes me semble donc essentielle. La reconnaissance de la place de l’interprète commencera le jour où l’interprète lui-même décidera de la prendre totalement cette place.

    Avis aux journalistes et gens du milieu: Le danseur sait très bien parler des pièces qu’il interprète! Soyez en sûrs!

    • Oui, certains danseurs (car pour d’autres disons que le moteur de l’élocution est parfois rouillé, quoi que pas mort) sont capables de parler de leur travail. Mais en ont-ils les moyens? Qui oserait réellement prendre parole et critiquer – même de façon « constructive » – le chorégraphe/employeur qui l’engage? Il perdrait très probablement son travail parce que le chorégraphe a besoin de sentir que le danseur le supporte inconditionnellement pour pouvoir lui faire entièrement confiance lors du délicat processus de création (autre philosophie bien ancrée parmi nous). Peut-être le danseur perdrait-il son travail en effet, quoi qu’il serait difficile de le démontrer; il suffit de ne plus l’engager pour les projets à venir ou prétendre la « recréation » de l’oeuvre à la reprise pour engager une distribution différente et se débarrasser du « fatiguant ». Voilà entre autre pourquoi les chorégraphes refusent à peu près tous de nous accorder le sacro-saint « droit de reprise » dans les ententes UDA (j’y reviendrai prochainement). Donc, on est face à un dilemme. « Maturer » ou risquer de perdre sa job. (Comme je le fais actuellement) Mais je pense que la liberté (artistique entre autre) se paie et peut-être serons-nous surpris: notre hardiesse pourrait nous donner accès à des chemins inexplorés…

    • Bon, la journaliste, c’est moi et je me permets de remettre les pendules à l’heure. Même si je ne suis pas nommée, je me sens concernée.

      J’ai parlé dans ma critique de « structure échevelée et de gestuelle brouillonne ». Au cours d’une discussion rapide entre deux portes, Johanna m’a dit l’avoir pris personnel car, depuis le temps qu’elle la répétait, elle avait cette gestuelle dans le corps. Le face à face était, on l’imagine, un peu inconfortable. Après avoir mentionné que je ne critiquais pas l’exécution de la gestuelle en soi, mais sachant aussi que les interprètes avaient grandement contribué à la créer, j’ai convenu qu’il aurait été peut-être plus précis de parler de « composition brouillonne ». Comme je fais mes devoirs et que je ne prends pas les danseurs pour des corps sans cervelle, j’en ai parlé à deux chorégraphes-interprètes pour « éclairer mon jugement » (un peu condescendant comme formule, mais je ne le prendrai pas personnel). J’avais imaginé demander une correction pour la version web de ma critique. C’est dire l’importance que j’avais accordé à notre échange et combien j’étais désolée de l’impact de mes mots. Les deux personnes consultées ayant corroboré ma perception, j’ai laissé ma critique en l’état.

      • Johanna dit :

        Je suis loin de l’avoir pris personnel. Je trouve ton opinion complètement justifiée étant donné que la pièce a été raccourcie pour l’occasion et qu’il manquait peut-être quelques passages pour que le spectateur puisse entrer complètement dedans. Mais pour moi, comme je te l’ai mentionné, au delà de ma participation dans ce show, il y a pour moi une grande différence entre une gestuelle brouillonne et une « composition brouillonne ». Tu l’as également reconnu sur le coup. Il n’était pas question de la prestation des danseuses ici, mais de reconnaitre les forces et les faiblesses du travail d’un chorégraphe dans sa juste mesure. J’apprécie ton travail de critique et je trouvais qu’il était intéressant ici de mentionner qu’il était possible d’avoir des discussions entre tous les acteurs du milieu, autour de la danse, sans avoir peur de prendre les choses personnelles. Les échanges sont constructifs et on apprend comme cela à mieux se comprendre et à vivre un milieu déjà difficile ensemble et sans avoir peur les uns des autres.

  3. Normand Marcy dit :

    Ce blogue est un rêve devenu réalité…
    Bravo Catherine pour cette initiative!!!

    Comme tu le dis, avoir le courage de ses actes et paroles comporte parfois sa dose de risques, mais on ne passe pas de l’enfance à l’âge adulte sans subir (ou faire subir) une phase critique (de crise).

    Cela implique des changements d’attitude et de perception.
    Je crois que c’est comme ça qu’on grandit.

    Une première chose, pour moi, serait déjà de se considérer comme des artistes et citoyens, à part entière, avant de s’enfermer dans le rôle (parfois réducteur) d’interprète exécutant. Et l’artiste d’aujourd’hui doit être sensibilisé à cette posture dès sa formation.

    Un artiste a une démarche, une réflexion. Un citoyen a une vie collective, des droits et des responsabilités.

    Vu sous cet angle, si tu te blesses (chose qui arrive souvent dans notre profession) il te reste encore ta démarche artistique, ta réflexion et ton rôle de citoyen… tu n’es pas devant rien.

    Ton blogue arrive à point: durant l’organisation de l’événement Recommandation 63, j’ai senti qu’un bon nombre d’interprètes étaient en accord avec les aspects fâcheux du métier que tu soulèves présentement.

    J’espère seulement que plusieurs passeront à l’acte, cette fois-ci, en prenant parole dans ton blogue, en s’organisant collectivement et en posant des actions concrètes.

    Je passerai le mot sur Facebook, pour faire connaître ton blogue et tâcherai d’en suivre l’actualité.

    • « Et l’artiste d’aujourd’hui doit être sensibilisé à cette posture dès sa formation« . J’aime tout particulièrement cette phrase Normand, merci. Je me demande si les écoles de formation offrent suffisamment de contenu philosophique et politique à leurs étudiants. Si ce n’est pas le cas, il serait bien d’y remédier. Peut-être qu’un danseur actuellement à Ladmmi, à l’EDQ, l’UQAM ou l’ESBCM pourrait nous donner des infos à ce sujet?

      • Normand Marcy dit :

        Pour donner une piste de réponse à ta question: lors de la table ronde de R63 sur la Recherche fondamentale, une des panélistes a posé la question, à savoir si les établissements d’enseignement de la danse proposaient autre chose qu’une formation essentiellement technique.

        Poser cette question est nécessaire, même si elle semble audacieuse. Je connais le cursus de l’UQAM, pour y avoir étudié et donné un cours, et peux affirmer qu’une initiation à la pensée critique existe. Idem pour LADMMI et pour Concordia, semble-t-il, pour avoir obtenu un écho de la part des personnes qui y élaborent les programmes. Pour l’EDQ et l’ESBCM, je n’en ai aucune idée…

        Je remarque qu’une attention particulière est portée sur cette question, par les corps professoraux, depuis déjà plusieurs années. Mais ce n’est pas tout: je crois que cette sensibilisation à la pensée critique doit devenir un réflexe chez le(la) jeune artiste en formation.

        L’école, c’est une chose: on y trouve des mentors, des ressources, des collaborateurs, des ouvrages de référence, des techniques du corps, etc. Mais ce n’est pas suffisant. Ce n’est d’ailleurs pas suffisant sur le plan technique non plus. La preuve étant que la plupart des interprètes continuent périodiquement à suivre des classes techniques, tout au long de leur carrière.

        Ce devrait donc être la même chose pour l’exercice de la pensée. Il ne faut pas attendre que l’école nous donne tout. L’école nous donne le premier coup de pied au c.. (pardonnez-moi l’expression!) nécessaire pour prendre un certain envol.

        Mais il faut aussi savoir aller chercher l’information où elle se trouve; lire des ouvrages de philosophie, de sociologie, d’éthologie, d’anthropologie, de psychanalyse, d’éthique, d’esthétique, et j’en passe.

        Reprendre à son compte les propos d’un auteur, pour venir appuyer sa réflexion sur l’art et la société a la même valeur, pour moi, que se servir d’une technique du corps (Graham, Limon, etc.) pour apporter une certaine rigueur à un état de corps et à une gestuelle.

        L’artiste doit continuellement se poser des questions sur la pertinence de sa présence sur scène et dans la société. Il(elle) doit faire l’effort de trouver, clarifier et énoncer sa position. Du moins, s’il(elle) désire une quelconque forme de reconnaissance sociale.

        Pour moi, l’artiste est un objecteur de conscience, au même titre que l’intellectuel. Pour l’instant, nous sommes collectivement assez loin de notre compte… mais je garde espoir, car quelques un(e)s d’entre nous démontrent déjà une volonté en ce sens et commencent à poser des gestes concrets.

  4. Karla Etiene dit :

    Bravo Catherine, pour ton initiative.
    Dans mon cas, j’ai choisi de travailler avec une chorégraphe en particulier. Il est donc clair pour tous, que je suis complètement engagé dans la démarche artistique de Zab Maboungou. Toutefois, je me considère comme une artiste à part entière et non dénuée de jugement et surtout pas d’intelligence.

    Cependant,je peux comprendre que les journalistes interviewent d’abord le chorégraphe. D’ailleurs, à l’occasion d’une oeuvre de Ginette Laurin, les interprètes avaient été questionnés et les réponses données n’avaient pas servi la production, bien au contraire.

    Mais, il est vrai que je suis choquée lorsque les danseurs ou les musiciens ne sont pas nommés. Pour notre dernière production, presque aucun journaliste n’a daigné nous mentionner. Et je sais que la Compagnie a fait son travail, tous les noms sont mentionnés dans les outils de communications…

    Lors de réunions avec les diffuseurs de la danse sur les routes du Québec, ils ont mentionné, à maintes reprises, qu’ils aimeraient que les danseurs soient plus mis en valeur, étant convaincus que le public s’identifierait au lieu d’être face à des spectacles dont les principaux protagonistes sont presque anonymes.

    Bon succès Catherine avec ton blogue.

    • Pour ce qui est des mentions de nos noms dans les médias, je crois que Fabienne nous a bien expliqué pourquoi il est difficile de le faire (voir son commentaire sous « C’est à mon tour »). Cependant, nous pourrions trouver d’autres approches pour que le public s’identifie aux danseurs. Par exemple, je viens de suggérer à Judith Lessard Bérubé, danseuse-interprète et responsable des communications au RQD que dans la nouvelle version de leur site, les noms des danseurs soient toujours mentionnés dans le calendrier des activités. Tu vois, même là, ton nom n’y était pas quand je suis allée voir hier et que j’ai lu sur le nouveau spectacle de Zab. J’ai aussi suggéré à Judith, qu’on puisse cliquer sur les noms des danseurs pour arriver directement à leur fiche biographique sur le site. Ce serait déjà quelque chose. Mon amie et blogueuse Élise Desaulniers a aussi suggéré une possibilité qui me fait sourire parce qu’elle est loin de notre culture d’humilité, mais qui serait sans doute efficace: nommer les danseurs un par un au micro pendant qu’ils saluent après un spectacle. J’aime!

  5. Robert Meilleur dit :

    Pour moi tout cet univers de blog est nouveau,j’ai donc réagi avant même de lire la suite qui explique et avant de connaitre la source.
    J’ai donc eu un échange écrit avec Catherine,qui me suggère de poster le tout. Alors voilà :
    Allo Catherine !
    Merci pour la mention des noms ,noté pour la bio absente au RQD.
    Pour ce qui est d’interviewer les interprètes,je dois dire que j’en ai fait des interviews en 24 ans de danse et je ne me souviens pas d’avoir jamais dis que le ou la chorégraphe étais ben fine ou ben fin mais j’ai plutôt parlé du processus de l’interprète à l’intérieur d’une création
    Si les journalistes eux ne veulent qu’un concept venant du ou de la chorégraphe pour accrocher l’oeil du lecteur d’accord, mais qu’ils ne viennent pas insulter l’intelligence du danseur/interprète en disant que la seule contribution à laquelle on peut s’attendre de leur part quand on les interroge au sujet d’une création est « mon patron ou ma patronne est ben fin ou fine » ,là je crois qu’il y a grossière erreur.
    Faut croire que ça m’a fait réagir mais ça m’insulte encore de voir que le gros cliché du danseur pas intelligent qui n’a rien à dire et qui n’a rien offert à la création circule encore.

    Réponse de Catherine:
    Robert,
    Je suis très d’accord avec toi, c’est une insulte à l’intelligence quand on le reçoit de manière si crue. Ceci dit, je crois que cette journaliste à laquelle j’ai parlé voulait plutôt dire que le point de vue des danseurs n’était jamais en rupture avec la pièce qu’ils dansent. Il ne se positionnent jamais de manière critique, ne se distancent jamais de l’oeuvre pour en souligner les tensions, les faiblesses. Je ne crois pas que la personne à qui j’ai parlé voulait dire que les danseurs n’ont rien à dire et qu’ils ne sont pas intelligents, mais que s’ils vont dans le même sens que la chorégraphe, leurs propos n’enrichiront pas le discours. Cela te semble-t-il plus nuancé?

    Réponse de Robert:
    Oui,c’est plus nuancé. Il est par contre difficile de tracer la ligne entre ce qui « est » et ce qui « devrait être » selon notre opinion.
    Ce qui fait partie du travail d’interprète,c’est aussi de faire confiance aux chorégraphes pour lesquelles nous travaillons et accepter de faire vivre la vision de quelqu’un d’autre. Oui,l’interprète donne beaucoup au niveau de la création,de plus en plus même,mais le travail d’interprète et le travail de chorégraphe sont pour moi deux carrières bien distinctes.
    Les danseurs ont une opinion, cependant l’exprimer trop rapidement empêche souvent la naissance de ce qui « sera ».
    Je remarque aussi que souvent il y a des éléments, des images qui sont imperceptibles pour nous de l’intérieur, comme par exemple un Q d’éclairage qui supporte une image et la rend complète.
    Je ne crois pas que le positionnement peut être le même pour le créateur/chorégraphe que pour le créateur/interprète, qui est le véhicule pour exprimer une vision créatrice et l’intermédiaire entre le chorégraphe et le public.

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