La problématique du tiers qui s’en fout

Attribuons des mentions Citrons (je vais peut-être changer le nom) à partir d’aujourd’hui. Je dénoncerai ici systématiquement les organismes qui « oublient » de mettre le nom des danseurs dans leurs communications. Commençons avec le Festival Danse Canada. Je suis allée visiter leur site aujourd’hui parce que j’y performe. Je cherche mon nom. Absent. Comme celui de la plupart de mes collègues. Est-ce Brian H. Webb (bwebb@nac-cna.ca 613-947-7000 ext. 729), Debra Beauregard (dbeaureg@nac-cna.ca 613-947-7000 ext. 755 ou Jennifer Fornelli (jfornelli@nac-cna.ca 613-947-7000 ext. 513) qui est responsable de cette signifiante erreur?

Que diriez-vous de commencer à mettre la pression?

Monsieur, Madame, Nous nous sommes récemment rendus sur votre site Internet afin de voir l’excellente programmation que vous offrez cette année au Festival Danse Canada. Bien que cette édition semble prometteuse, nous avons le regret de vous informer que nous n’assisterons à aucun spectacle par manque d’information. En effet, nous ne savons pas QUI nous aurons le plaisir de regarder danser étant donné que vous avez systématiquement omis le nom des danseurs sur votre site (sauf ceux qui sont chorégraphes eux-mêmes bien sûr). Comme spectateurs, nous recevons la danse d’abord à travers les danseurs et c’est pourquoi nous avons besoin de connaître leurs noms avant d’acheter un billet. Si la situation se corrige, merci de nous en tenir informés.

Savez-vous pourquoi il est important que les danseurs agissent, que leurs amis, leur public, leurs fans (oui!) agissent? Parce que dans nos ententes collectives il est écrit : « Lorsque la publication des affiches, affichettes et/ou du programme de soirée sont de la responsabilité d’un tiers (ex. Festival Montréal en lumière, la Place des Arts, les Journées de la culture, etc.) et que le producteur n’a aucun contrôle sur cette publication, le producteur s’engage à fournir à ce tiers toute l’information exigée par la présente entente collective. »

Ok.

Et après? Que peut faire mon employeur une fois qu’il a fourni l’information et que le « tiers » DOES’NT CARE? Je comprends les chorégraphes de ne pas vouloir s’engager à plus de responsabilités à ce sujet. Quand vient le temps de la production, ils sont absolument débordés. Leur dernier souci est d’appeler dix fois le Festival Danse Canada pour leur rappeler qu’il serait bien aimable de citer le nom des danseurs. (Par ailleurs, on s’entend que le travail supplémentaire pour le webmestre serait de 42 minutes pour tout le site oui?)

C’est précisément pour cette raison que vous devez commencer maintenant à noyer d’appels et de courriels les « tiers qui oublient ». J’ai voulu le faire moi-même un jour. J’ai appelé La Rotonde à Québec parce qu’il y avait erreur sur leur site au sujet des danseurs qui performaient une pièce à laquelle je prenais part. Les danseurs de la distribution originale étaient mentionnés, alors que 4 d’entre eux avaient été remplacés par d’autres. Comme travailleur autonome, je m’étais dit que cela faisait partie de ma prérogative : voir à ce que mon entreprise (c’est-à-dire moi-même) soit correctement mise en valeur. Mais soyons réaliste : je n’ai aucun pouvoir. Pire, quand j’essaie de m’en octroyer un peu, on a tôt fait de me rappeler que je ne suis qu’un pion.

Je me suis évidemment fait taper sur les doigts par la compagnie qui m’engageait : « c’était à nous de le faire (ah oui? Ça faisait un an que la nouvelle distribution était engagée, il me semble que l’information aurait dû être passée…) tu vas nuire à nos relations professionnelles avec cet important diffuseur, ce n’est pas ta job, etc. »

À ce moment là, j’ai compris les arguments, cela semblait logique. Mais plus maintenant. Quand je vous disais qu’il faut parfois cesser de comprendre, de respecter les points de vue qui diffèrent du nôtre, c’est de ça dont je parlais. Je ne peux plus respecter les relations professionnelles entre une compagnie et un diffuseur si eux ne me respectent pas d’abord. Qui se lèvera pour moi si ce n’est moi?

À chaque fois que je me vois ignorée, je deviens en colère. Cette colère enfle et devient hors proportions car elle n’a aucune chance d’être extériorisée. Elle influence mes relations de travail avec le chorégraphe, avec les « travailleurs culturels » qui évoluent autours de moi, qui sont responsable des communications, de la production, de la comptabilité. Et surtout, je rentre chez moi avec la diffuse impression d’être invisible, d’être là seulement pour amuser le Roi, pour épater la galerie.

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Une réflexion sur “La problématique du tiers qui s’en fout

  1. Ça fait des années que je vois des shows de danse et pourtant, je suis incapable de reconnaître plus d’une petite dizaine de danseurs. Souvent, je suis touchée par une performance sans jamais réussir à connaître le nom de l’interprète qui m’a émue. Je me suis toujours demandé pourquoi, dans les shows rocks, on présentait les musiciens mais qu’on ne présentait jamais les danseurs lors des salutations… Ce serait pas compliqué, non ?

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